L’artiste peintre, né en Chine, et vivant et travaillant en France depuis vingt ans, expose un ensemble d’œuvres inédites du 12 juin au 25 octobre, au musée Denys-Puech, avec « Double ».
Dans les hauteurs du musée Denys-Puech, une brume aussi glacée que brûlante habille désormais les murs du premier étage. Après deux ans de connexion et de réflexion, l’heure est venue de lever le voile sur les œuvres créées spécialement par le peintre Xie Lei pour dialoguer avec l’écrin qu’est le musée ruthénois, ainsi qu’avec le triptyque d’Eugène Viala et la Melpomène 36 de René Iché, qui trônent au cœur de l’espace muséal.
Le nom de l’exposition, « Double », résonne dans différentes dimensions : celle de la symétrie, qui régit l’installation des toiles en s’appuyant sur l’architecture de la pièce, celle du dédoublement, qui imprègne les toiles, et celle de la coexistence des états contraires, tels que la lumière et l’ombre, le visible et l’invisible. Ces vingt huiles sur toile flottent dans l’espace à l’image des silhouettes en halos colorés suspendues aux murs. « Double, ce n’est pas un simple mot, c’est ma manière de chercher à représenter l’ambiguïté », a résumé l’artiste, jeudi 11 juin, en présentant son exposition.
« Tout part d’une heureuse rencontre »
Sur la façade du musée, des silhouettes au teint bleu électrique donnent le ton : elles sortent tout droit du corpus qui a permis à Xie Lei de remporter le prix Marcel Duchamp 2025, qui est une récompense référence en art contemporain. Et c’est bien avant d’être primé que son aventure aveyronnaise a commencé. « Tout part d’une heureuse rencontre, se souvient Carole Bouzid, responsable du musée. Il y a deux ans, un ami du fondateur de la galerie Semiose (de Paris), qui représente Xie Lei, a visité le musée et a eu l’idée d’une collaboration entre nos deux structures. »
Elle ajoute : « Cette exposition permet au musée Denys-Puech de renouer avec sa vocation avant-gardiste et elle affirme que la création contemporaine peut se confronter à un lieu, à une histoire, à une collection, tout en conservant sa part de subjectivité et de mouvement. »
En plus des toiles exposées au premier étage du musée Denys-Puech, des lithographies de Xie Lei sont visibles dans le cabinet d’art graphique au rez-de-chaussée, et deux peintures sont au musée Fenaille.

L’exposition est visible du 12 juin au 25 octobre.
Centre Presse – Margot Pougenq
Informations pratiques
L’entrée au musée Denys-Puech est gratuite toute l’année.
D’ici au 1er juillet, il est ouvert du mercredi au dimanche, de 14 heures à 18 heures.
Et du 1er juillet au 30 août, il ouvrira du mardi au dimanche, de 14 heures à 18 heures.
« Employer l’espace comme un miroir et les peintures comme une installation »
Cette exposition a nécessité deux ans de travail. Comment avez-vous procédé ?
Ça a été un long processus, avant tout dans la tête. L’idée était là, il a fallu la décanter et au moment où j’ai vu l’espace (de la future exposition), ça m’a convaincu de faire cette exposition et de lui donner le titre de « Double ». C’est un ensemble de presque vingt peintures, de grands et petits formats.
Qu’est-ce qui vous a guidé dans la réalisation de ces peintures ?
Ce sont des idées, des réflexions, de l’imaginaire dans la vie quotidienne si vous voulez. Bien sûr, il y a quelque chose qui me parle dans l’architecture du musée et ses œuvres. Je dirais plutôt un écho, un dialogue. Mais avant d’y venir, j’avais déjà quelques idées déjà : j’ai voulu faire quelque chose lié avec le mot « double ».
C’est lié à quelque chose d’invisible, de spirituel. Une manière de rendre visible l’invisible, ou l’inverse. L’idée était d’employer l’espace comme un miroir et l’ensemble des peintures comme une installation. Évidemment, il y a certaines pièces, notamment la sculpture de René Iche, qui m’ont beaucoup parlé. Elle est là, et je ne peux pas le nier, je ne peux pas ignorer et c’est moi qui dois m’adapter à l’espace.
Pour ce qui est des couleurs, le contraste est saisissant. Comment les avez-vous choisies ?
C’est la peinture qui a choisi elle-même. Ça fait partie de la construction d’un langage pictural et de mes intuitions. Il y a des raisons mais il n’y a pas de symbolique pour les couleurs. Par exemple jaune pour le danger, non ! C’est plutôt une question de lien et de confrontation avec le sujet lui-même, qui est à la fois réel et irréel. Quelque chose d’imaginaire, d’onirique. C’est ça les choix de couleurs.
Deux de vos toiles sont exposées au musée Fenaille, où le buste du Christ en croix vous a beaucoup touché. Qu’avez-vous ressenti face à lui ?
Les collections du musée Fenaille m’ont beaucoup parlé. Et notamment ce polychromique du Christ. Je me suis dit : « Wow, il y a une puissance incroyable et si saisissante ! » Et puis, c’est en discutant qu’Aurélien Pierre m’a dit d’étendre l’exposition au musée Fenaille avec deux peintures, comme un dialogue avec ce Christ.

L’exposition est visible du 12 juin au 25 octobre.
Centre Presse – Margot Pougenq