La station de Hoch-Ybrig a remplacé cet hiver l’une des installations qui donne accès à son domaine skiable. Elle a opté pour un téléphérique débrayable « 3S » d’un genre nouveau, car moins onéreux que le sont d’habitude ces installations prestigieuses.
Le domaine skiable schwytzois de Hoch-Ybrig a mis en service cet hiver une nouvelle installation entre Weglosen – l’un des deux points d’accès à ses pistes – et Seebli. Son choix s’est porté sur un téléphérique « 3S » doté de 18 cabines. Il peut transporter jusqu’à 1400 personnes par heure.
Les téléphériques 3S (pour « Drei Seile »: trois câbles) sont considérés comme la « Rolls » des remontées mécaniques. Il s’agit d’installations qui combinent la rapidité et le faible nombre de pylônes des téléphériques avec le grand débit des installations qui, comme les télésièges et télécabines, tournent en continu.
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Longues portées possibles
Contrairement à un téléphérique classique, il n’y a pas que deux grandes cabines, mais une multitude de cabines de moyenne capacité tirées en continu par un câble tracteur le long de deux câbles porteurs. Une fois parvenues dans les gares d’arrivée et de départ, les cabines ne s’immobilisent pas, mais « tournent » progressivement pour repartir dans l’autre sens, comme une télécabine [lire aussi le premier encadré].
La nouvelle installation a remplacé un téléphérique traditionnel à va-et-vient datant de 1970, dont le débit ne suffisait plus. Si l’on avait construit à sa place une télécabine classique, 13 pylônes auraient été nécessaires. Mais grâce au système 3S, le tracé d’environ 1,7 kilomètre n’en nécessite que deux. Ce système « permet de franchir de très grandes distances » avec de longues portées, confirme Arno Inauen, le directeur de Garaventa à Goldau, entreprise qui compte environ 400 collaborateurs.
L’Alpin Express, le précurseur
Le concept n’est pas nouveau: le tout premier téléphérique « 3S » a été construit en 1991 déjà. Il est toujours en fonction aujourd’hui: il s’agit de l’Alpin Express, qui amène skieurs et touristes depuis la station de Saas Fee en direction du glacier de Fee. Construit par l’ancien fleuron de la branche, l’entreprise suisse Von Roll – qui a depuis vendu son unité de remontées mécaniques à la société autrichienne Doppelmayr – , il avait permis d’augmenter massivement le débit de passagers en direction du glacier.
L’Alpin Express de Saas Fee, le tout premier téléphérique débrayable « 3S », construit en 1991 par Von Roll. [KEYSTONE – LAURENT GILLIERON]
Depuis, le modèle a essaimé et convaincu les stations les plus prestigieuses du monde: Zermatt (avec le Matterhorn Glacier Ride) et Grindelwald (avec l’Eiger Express) en Suisse, Avoriaz, Val d’Isère et Les Deux-Alpes en France, ou encore Kitzbühel, Sölden et Ischgl notamment en Autriche.
A la portée des petites stations
Les « 3S » ont tout pour eux, à un détail près: ils coûtent très cher, nettement plus qu’un téléphérique traditionnel ou qu’un télécabine. Mais les choses pourraient changer: l’installation construite à Hoch-Ybrig est la toute première de la nouvelle gamme « TRI-Line » des fabricants associés Doppelmayr-Garaventa, les leaders du secteur.
Cette nouvelle gamme est plus compacte et ne nécessite plus d’énormes gares en aval et en amont. « On peut construire de manière plus avantageuse et plus simple », souligne Arno Inauen. Autre avantage: alors que jusqu’ici, chaque téléphérique 3S était construit sur mesure et donc coûteux, avec cette gamme « TRI-Line », le concept est désormais standardisé, ce qui engendre une baisse des coûts et met ces appareils à la portée de stations plus petites.
Le téléphérique traditionnel en voie de disparition?
Pour des raisons de débit, la « mode » au sein des stations de ski est actuellement de remplacer les téléphériques traditionnels par des télécabines, comme à Zinal ou à Fiesch, en Valais. Mais la substitution n’est pas possible partout, notamment lorsqu’il est difficile de construire les nombreux pylônes requis par ceux-ci.
Le nouveau téléphérique de Hoch-Ybrig offre désormais une option supplémentaire. Il se pourrait que les téléphériques à l’ancienne et leurs deux grosses cabines, installations les plus emblématiques des montagnes, disparaissent peu à peu des stations.
L’ancien téléphérique Weglosen-Seebli de Hoch-Ybrig, avec ses cabines de 125 places, parmi les plus grandes de Suisse. [CC BY-SA 3.0 – Picswiss/Roland Zumbühl, Arlesheim]
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Sujet SRF: Christian Oechslin, Aline Inhofer
Version web RTS: Vincent Cherpillod