Deux arrêtés datés du 10 juin 2026 et publiés au Journal officiel du 12 juin abrogent et remplacent ceux du 23 mai dernier fixant les conditions de prescription et de prise en charge de Wegovy (sémaglutide) et de Mounjaro (tirzépatide). Tout en conservant les mêmes critères généraux d‘indice de masse corporelle (IMC) et de comorbidités pour le remboursement de ces traitements, ces textes élargissent et détaillent les catégories de prescripteurs habilités et apportent une précision sur la définition de l’IMC initial ouvrant droit à la prise en charge.
Un IMC initial désormais clairement défini
Pour bénéficier du remboursement d’un traitement indiqué dans le contrôle du poids, le patient doit remplir quatre conditions cumulatives :
être un adulte âgé de 18 ans ou plus ;présenter un IMC initial supérieur ou égal à 40 kg/m² sans comorbidité, ou un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² avec comorbidité ;être en échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite (moins de 5 % de perte de poids à six mois) ;suivre un régime hypocalorique associé à une augmentation de l’activité physique.
La question de l’éligibilité se posait toutefois pour les patients déjà traités par analogues du GLP-1 avant leur remboursement et dont l’IMC, du fait de la perte de poids, ne correspondait plus aux seuils fixés par le cadre réglementaire.
L’arrêté du 10 juin dissipe ce flou en précisant que « l’IMC initial correspond à l’IMC du patient lors de l’initiation du traitement indiqué dans le contrôle du poids, quel que soit son statut de remboursement ». Cette clarification permet sans ambiguïté aux patients déjà traités par Wegovy ou Mounjaro de bénéficier de la prise en charge s’ils remplissaient les critères au moment de l’instauration du traitement.
Des prescripteurs habilités mieux identifiés
Autre précision apportée aux conditions de prise en charge des deux spécialités : les professionnels autorisés à réaliser la prescription initiale, une information qui doit être vérifiée au moment de la dispensation.
La liste inscrite dans les arrêtés est désormais plus détaillée. La prescription initiale est réservée aux professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3, à savoir : les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM), les médecins compétents en nutrition (titulaires d’un DESC, d’une FST appliquée ou d’une VAE nutrition), ainsi que les chirurgiens bariatriques titulaires du DIU de chirurgie de l’obésité, exerçant dans les structures suivantes :
un centre spécialisé de l’obésité (CSO) ;une structure de soins médicaux et de réadaptation (SMR) mention « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition » ;un centre hospitalier universitaire (CHU).
Sont également autorisés les médecins experts impliqués dans la prise en charge de l’obésité suivants :
les médecins coordinateurs de parcours coordonné renforcé (PCR) « obésité complexe » ;les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition. Dans ce cas, le prescripteur doit exercer en lien avec un CSO, formalisé par une charte ou une activité médicale au moins partielle au sein de ce type de structure.