« C’est incroyable de voir comment les femmes ont progressé dans ce sport, et je dois dire que je suis fière d’être une pionnière pour les cavalières. Non seulement j’ai été la première femme à intégrer une équipe de championnat pour l’Allemagne, mais aussi la première et toujours la seule à avoir été classée numéro un mondial, une place que j’ai pu conserver pendant 24 mois », renchérit la cavalière allemande. De fait, au début des années 2000, Meredith Michaels-Beerbaum a marqué les sports équestres d’une empreinte indélébile, et notamment à Genève en s’imposant à deux reprises dans la finale du Top 10 Rolex IJRC, en 2004 et 2006, avec son fidèle et regretté Shutterfly. La cavalière a participé cinq fois à cette mythique épreuve et est également montée sur la troisième marche du podium du Grand Prix dominical, avec le même Shutterfly, en 2008.
C’est à tout juste 21 ans que la jeune Malin, alors encore Baryard, s’est fait remarquer pour la première fois à Genève, terminant septième de la finale du circuit Coupe du monde avec H&M Cormint, en 1996. Mais c’est un tout autre souvenir qu’elle chérit particulièrement : « Sans aucun doute ma victoire en Coupe du monde (en 2001, ndlr). C’était la première fois que je remportais une telle épreuve, qui plus est à Genève ! À l’époque, je montais Butterfly Flip, qui était exceptionnelle. Elle adorait vraiment cette piste. Nous y sommes venues pendant de nombreuses années et nous y avons toujours connu beaucoup de succès. »
Si Meredith Michaels-Beerbaum et Malin Baryard-Johnsson ont inscrit leur nom au prestigieux palmarès du CHIG, c’est néanmoins Katie Monahan-Prudent qui fut la première de ce trio d’exception à soulever un trophée sur la piste genevoise. Nous sommes en 1997, et l’Américaine s’impose dans le Grand Prix avec Belladonna. « Cette victoire était incroyable, car Belladonna a joué un rôle important dans ma carrière. À la suite d’une chute où je m’étais cogné la tête, ma perception des distances n’était pas optimale. Ma jument était fantastique, mais prudente, et si je n’arrivais pas correctement sur un obstacle par rapport à la distance, elle s’arrêtait et me désarçonnait. Elle m’a donc poussée à retrouver mes perceptions pour redevenir précise et performante. Je l’ai aimée pour ça, et cette victoire à Genève a été fabuleuse », raconte l’ancienne cavalière de haut niveau. « Grande amie » du concours, comme le raconte Alban Poudret, directeur sportif de l’événement, dans son ouvrage sur le CHI de Genève, Katie Mohanan-Prudent se souvient d’anecdotes, de rires, d’émotions et, surtout, d’une ambiance extraordinaire, « comme une grande réunion entre amis ».