Léon Spilliaert, La Verrière, 1909 Lavis d’encre de Chine, pinceau, crayon de couleur sur papier, 643 × 502 mm.Léon Spilliaert, La Verrière, 1909 Lavis d’encre de Chine, pinceau, crayon de couleur sur papier, 643 × 502 mm.Léon Spilliaert, La Verrière, 1909 Lavis d’encre de Chine, pinceau, crayon de couleur sur papier, 643 × 502 mm. ©Crédit : Patrick Derom Gallery

Il utilise des points de vue inusuels de photographe, pour peindre l’atelier et sa verrière, ou un coin de cheminée, un vestiaire vide, ou encore les plantes envahissantes. Vers 1909, dans sa chambre de malade, les humbles objets qui l’entourent – carafes, gants, etc.- deviennent des sujets de natures mortes, des espaces de contemplation où règne encore le silence. Il faut prendre les choses au sérieux. Les choses agissent sur nous et nous agissons sur elles.

La lumineuse mélancolie de Spilliaert

Ses peintures évoquent parfois Hammershoi ou Morandi. Si ce sont ses nocturnes, ses marines et ses autoportraits tourmentés qui sont surtout célèbres, on retrouve aussi dans ses intérieurs, ce symbolisme de la nuit intérieure qui le caractérise.

Léon Spilliaert, autoportraitLéon Spilliaert, autoportraitLéon Spilliaert, autoportrait ©crédit: Patrick Derom Gallery

Cet intérieur bourgeois d’Ostende devient un lieu à nouveau mystérieux. Il a longtemps habité chez ses parents, de riches parfumeurs d’Ostende, fournisseurs de Léopold II, qui lui avait donné un atelier pour peindre.

Artiste inclassable

L’exposition a été préparée par Edouard Derom avec la grande spécialiste de Spilliaert, Anne Adriaens-Pannier, qui annonce aussi pour fin juin à Bredene une exposition « Spilliaert face à des artistes contemporains ».

Les choses agissent sur nous et nous agissons sur elles.

Spilliaert gagne aussi peu à peu une notoriété internationale avec deux expositions qui lui seront consacrées dans les prochains mois aux États-Unis.

Rangé parfois parmi les derniers symbolistes, ou faisant la transition entre symbolisme et surréalisme, Spilliaert était inclassable, ce qui fait tout son intérêt et explique la passion que lui vouent tant d’amateurs d’art.

L’inclassable et mystérieux Spilliaert

Il était d’abord ostendais. Depuis son adolescence, au collège de sa ville natale, il remplissait des cahiers d’écoliers de dessins à la mine de plomb. La mer du Nord s’imposait à lui et resta omniprésente. Il y ajoutait souvent une atmosphère nocturne inquiétante.

Léon Spilliaert, Signal sur le promontoire, 1907 Lavis d’encre de Chine, pinceau, plume et crayon de couleur sur papier, 405 × 505 mm.Léon Spilliaert, Signal sur le promontoire, 1907 Lavis d’encre de Chine, pinceau, plume et crayon de couleur sur papier, 405 × 505 mm.Léon Spilliaert, Signal sur le promontoire, 1907 Lavis d’encre de Chine, pinceau, plume et crayon de couleur sur papier, 405 × 505 mm. ©Crédit : Patrick Derom Gallery

Son père était assez riche pour que ses enfants ne doivent pas travailler. Si au départ son père ne voulait pas qu’il vende ses travaux, ses premiers acheteurs furent prestigieux : Verhaeren, Stefan Zweig, Camille Lemonier et Paul-Émile Janson. En 1915, à 35 ans, il se maria et déménagea un temps à Bruxelles. Il faut dire qu’à Ostende, il subissait l’ombre forte d’Ensor. Après son mariage et la guerre 14-18, son style devient bien différent. On dit qu’une fois marié et devenu père, plus heureux, il abandonna la mélancolie si belle de ses œuvres.

Léon Spilliaert, La porte entrouverte, Patrick Derom Gallery, Rue aux Laines 1, Bruxelles, jusqu’au 14 août, ouvert du mercredi au samedi de 11h à 18h.