CHRONIQUE – Il faut se méfier des histoires qu’on invente car elles déteignent sur leur auteur.

Au moment où le prix Fitzgerald 2026 vient d’être décerné à Julian Barnes paraît un premier roman remarquable sur la fin de vie du grand écrivain : Un désir nommé Gatsby de Daniel Hurstel. Mort à 44 ans à Hollywood, l’auteur de Gatsby le Magnifique  n’est jamais parvenu à surmonter sa désillusion. Comme si ses rêves romantiques l’avaient emprisonné. L’alcoolisme, l’insuccès, la fêlure ne sont peut-être pas des sur prises : Fitzgerald avait tout prévu, la gloire comme la décadence.

Les écrivains ont un sixième sens ; ils devinent le futur comme des médiums. Les romans et nouvelles de Fitzgerald sont des tables tournantes qui ont digéré l’Amérique, ce jeune pays où la nostalgie est interdite. Traducteur de Shakespeare et Hofmannsthal, Daniel Hurstel entre dans la peau du romancier comme on enfile un smoking usé. On tourne les pages d’Un désir nommé Gatsby avec un voyeurisme coupable, le plaisir sadique de regarder un joyeux drille se transformer en zombie.

Une morale fêlée

Parfois le monologue intérieur…

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Le Figaro

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