Ruthénoise de naissance, passée par des études de biochimie et d’œnologie, elle est photographe professionnelle et indépendante, vivant à La Rochelle, exposant à la Galerie Réplique à Rodez.

Elle est née, Delbosc, à Rodez, en 1970, elle a grandi, avec des parents instituteurs, dans le chef-lieu aveyronnais, elle a longtemps vécu à Villefranche-de-Rouergue, elle possède, depuis cinq ans, une maison dans la campagne de Capdenac, au beau milieu du Bois de la fourmi, sa mère (son père est décédé en octobre 2025) habite à Asprières… Et pourtant, malgré cet Aveyron en perfusion, celle qui a fait le choix de devenir photographe professionnelle et indépendante en 2001 n’avait jamais présenté le fruit de son travail dans le département où ses racines ont puisé leurs forces et où elle continue de revenir (très) régulièrement.

Son exposition est à découvrir à la galerie Réplique à Rodez

Il faudra conjuguer désormais ce constat au passé puisque Marie Monteiro est, en effet, à l’affiche de la galerie Réplique, à Rodez, invitée par Jean-Luc et Emmanuelle Fau, ainsi que par Marie-Claude Cavagnac. Son exposition est à découvrir, au n° 42 de la rue de l’Embergue, jusqu’au 27 juin, les vendredis de 15 heures à 18 h 30, les samedis de 10 h 30 à 12 h 30 et de 15 heures à 18 h 30. Installée depuis de longues années à La Rochelle, elle a accroché, aux cimaises de la salle ruthénoise, 51 photos, réalisées ces vingt-quatre derniers mois, dont certaines en Aveyron.

« Des lumières dont elle est la seule à maîtriser la source »

Elle a d’ailleurs consacré la pièce au fond de la galerie à des images auxquelles elle tient beaucoup : « Elles ont énormément de sens pour moi car elles ont été faites, durant deux ans, lors de toutes les saisons, dans le Bois de la fourmi, celui que je traverse, à pied, pour rejoindre mon havre de pays aveyronnais. Et, comme je vis la nuit, je négocie ce chemin à la lampe torche ». C’est Elian Da Silva, père de leur fils Mateo, qui soufflera ses 29 bougies en septembre, ancien journaliste à… Centre Presse, qui a signé le texte des nocturnes. Morceaux choisis : « A la faveur de la nuit, des arbres et taillis, des fleurs et des herbes affolées profitent de la pénombre pour se sublimer ou se transmuer », « Marie Monteiro les surprend à ce moment, dans des lumières dont elle est la seule à maîtriser la source, éclairage parfois minimaliste qui souligne mystères et ténèbres plus qu’il ne les dissipe… ».

« J’ai attrapé le virus à l’âge de 14 ans »

Après des études scientifiques, de biochimie en l’occurrence, poursuivant ainsi un baccalauréat série S, décroché au lycée Foch à Rodez, après un diplôme d’œnologie, discipline qu’elle a enseignée pendant trois ans, elle a choisi de se consacrer entièrement à la photographie. Elle n’a pas oublié la genèse de cette passion dont elle a fait son métier : « J’ai attrapé le virus à l’âge de 14 ans et j’ai fréquenté le club photos de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Rodez, de la classe de 3e à la Terminale. On avait les clés du laboratoire et, tous les mercredis, on faisait des tirages jusqu’à minuit. J’ai eu la chance d’avoir Jean Cazelles, fondateur des Photofolies, comme prof durant deux ou trois ans ». En 2006, elle a quitté, en famille, Villefranche-de-Rouergue pour La Rochelle. « J’avais très envie d’océan », glisse l’intéressée. Elle a alors traversé l’Atlantique pour prendre ses quartiers à Montréal, où l’expérience canadiene n’a duré qu’une année, avant un retour en Charente-Maritime.

Tout en gardant « un œil attentif » sur le pays : « J’étais contente de partir. Mais, très vite, les amis m’ont manqué, les paysages aussi ». Du coup, elle n’a jamais coupé le cordon avec sa terre natale. Entre autres travaux photographiques, souvent la nuit donc, sur des sujets urbains ou naturels, elle pratique l’art du portrait. Passionnée de musique et de cinéma, elle collabore, notamment, avec La Sirène, une salle qui a le label Smac (scène de musiques actuelles), dès son ouverture en 2011. « J’y réalise des photos de concert et les portraits, backstage, des artistes programmés », se réjouit-elle. Visiblement, il a suffi d’un déclic, de cette invitation de la Galerie Réplique, pour que Marie Monteiro soit prophète en son pays. Elle sera, en effet, de retour en Aveyron en janvier 2027, à la médiathèque de Villefranche-de-Rouergue, baptisée La Manufacture, pour la présentation du documentaire d’Alexandra Riguet,

« Leurs mots à dire ». Tourné au lycée Valin de La Rochelle, il traite d’un sujet cher à la réalisatrice, les handicaps invisibles. L’artiste aveyronnaise a enrichi ce film de plusieurs photos. Encore un autre pan de son talent, de son engagement. En attendant ce retour aux sources dans la Perle du Rouergue, et à la question de savoir ce qu’elle fera quand elle sera grande, Marie Monteiro sourit, amusée : « Je ferai de la photo, que pour moi, en argentique. Je prendrai le temps… C’est un luxe ! ».