Alors que le réchauffement climatique multiplie sécheresses, ouragans ou canicules, plus d’un milliard d’enfants sont déjà exposés à au moins trois types d’aléas climatiques majeurs qui se superposent. L’Unicef souligne l’impact disproportionné dans certaines régions du monde.

Pour ce rapport 2026, publié mardi, l’agence onusienne a croisé les données montrant où vivent les quelque 2,4 milliards d’enfants sur la planète avec la répartition géographique des huit impacts climatiques les plus fréquents: inondation côtière, inondation fluviale, sécheresse, tempête tropicale, canicule, chaleur extrême, incendie et tempête de sable.

Alors qu’une succession de catastrophes affaiblit chaque fois un peu plus les enfants, le rapport se penche plus précisément sur ceux exposés à au moins trois aléas, catégorie qui a largement augmenté ces 20 dernières années.

Plus d’un milliard d’enfants

Près de la moitié des enfants du monde (1,1 milliard) sont ainsi exposés à au moins trois risques, la combinaison la plus fréquente étant sécheresse-chaleur extrême-canicule (296 millions d’enfants, dont 74 millions au Nigeria, 34 millions au Pakistan, 32 millions en Inde).

La quasi-totalité des enfants (environ 2,3 milliards) sont exposés à au moins un risque, 2 milliards à au moins deux, 364 millions à au moins quatre, 53 millions à au moins cinq, 4 millions à au moins six et 123’000 à au moins sept (dont 46’000 en Birmanie).

« Les enfants sont en première ligne face aux impacts du changement climatique », résume la patronne de l’Unicef Catherine Russell, appelant à agir.

Pas tous égaux

Quant à savoir quel est le pire endroit pour un enfant sur Terre, « il n’y a pas de réponse courte », estime auprès de l’AFP Tom Slaymaker, un des auteurs du rapport.

Vu le nombre d’enfants concernés, ils sont exposés un peu partout, aussi bien dans les pays pauvres que dans les plus riches. « Mais ils ne sont pas égaux » devant ces risques, insiste-t-il.

L’Unicef met ainsi en lumière la « vulnérabilité » plus ou moins grande des enfants en fonction de l’accès à certains services de base (santé, nourriture, eau, éducation, protection).

Points chauds

Il existe toutefois « des points chauds », poursuit Tom Slaymaker, citant l’Afrique subsaharienne, une partie de l’Asie du Sud et les petits Etats insulaires.

Pour la combinaison d’au moins trois aléas, « sans surprise », les pays avec beaucoup d’enfants sont systématiquement en tête de liste pour le nombre d’enfants exposés (Bangladesh, Inde, Nigeria, Pakistan…).

Mais en termes de pourcentage d’enfants touchés par pays, c’est l’Afrique subsaharienne, en particulier le Sahel, qui arrive en tête, notamment Centrafrique, Tchad, Mali, Niger ou Soudan du Sud, où les impacts sont exacerbés par les difficultés des autorités à y faire face.

afp/lbl