Pour la première fois en 2026, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo sont davantage utilisés pour s’informer au niveau mondial que les médias traditionnels, selon un rapport annuel de référence publié mardi. La Suisse ne suit pas cette tendance. Les sites et applications de journaux restent le vecteur le plus utilisé.

« 2026 marque une étape importante: pour la première fois, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo dépassent les autres sources d’information et deviennent le premier moyen de s’informer à l’échelle mondiale », écrit Jim Egan, auteur principal du rapport de l’institut Reuters pour l’étude du journalisme.

>> Lire aussi : De moins en moins de personnes en Suisse utilisent les médias journalistiques pour s’informer

Publié chaque année par cet institut rattaché à l’université britannique d’Oxford, ce rapport sur l’information numérique est considéré comme une référence pour analyser les transformations des médias. Il s’appuie sur des sondages en ligne menés en début d’année par la société YouGov sur près de 100’000 personnes dans 48 pays.

>> Les précisions du 12h45 : Les réseaux sociaux dépassent la télévision comme source d'info mondiale Les réseaux sociaux dépassent la télévision comme source d’info mondiale / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45 Les réseaux sociaux en tête

Cette année, 54% des répondants disent avoir utilisé les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s’informer dans la semaine précédant le sondage (et même 56% si on inclut les agents conversationnels d’intelligence artificielle comme ChatGPT). Cette proportion descend à 52% pour la télévision, 51% pour les sites et applications de journaux et 21% pour la radio.

En Suisse en revanche, la proportion de personnes interrogées ayant utilisé les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s’informer s’élève à 37% seulement. Les sites d’information sont en tête avec 63%, suivis par la télévision (49%). On observe toutefois, comme dans le reste du monde, une baisse de l’utilisation de ces sources traditionnelles au profit des plateformes tierces.

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Au niveau mondial, réseaux sociaux et plateformes vidéo sont la principale source d’information pour 3 sondés sur 10, et même plus de 1 sur 2 chez les 18-24 ans. Les seules classes d’âge pour lesquelles la télévision arrive encore en tête sont les 45-54 ans et les plus de 55 ans. La proportion de personnes qui n’utilisent désormais que les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s’informer a par ailleurs atteint 12% cette année (soit le double des 6% enregistrés en 2020).

Tout cela « a des conséquences évidentes sur la capacité » des médias « à toucher le public et à générer des revenus », souligne Jim Egan, ancien haut dirigeant de la BBC.

Des contenus plus divertissants et faciles à comprendre

Cet engouement pour les réseaux sociaux comme source d’information s’explique par plusieurs raisons, selon le rapport. Les personnes interrogées estiment notamment que les créateurs de contenu sont plus divertissants, plus faciles à comprendre et plus proches d’elles que les médias d’information traditionnels.

« Ils partagent des informations, mais ils le font de manière concise et facile à suivre. Je suis convaincue que les informations sont exactes et on n’a pas l’impression qu’on nous prend de haut. C’est plus accessible que de regarder quelqu’un en costume derrière un bureau », estime une des personnes sondée, citée dans le rapport.

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Le fait que les réseaux sociaux apparaissent comme la principale source d’information pour une part croissante de la population n’est par ailleurs pas forcément dû à une préférence consciente pour ces plateformes. Sur Facebook, Instagram et TikTok, la plupart des gens déclarent ne consulter les actualités que lorsqu’ils sont en ligne pour d’autres raisons, par exemple.

Baisse de la confiance

Le désintérêt pour les médias traditionnels peut également s’expliquer par une baisse générale de l’intérêt pour l’actualité, estime l’étude. En moyenne, cet intérêt est passé de 59% en 2021 à un peu moins de 46% en 2026. « L’instabilité politique, les divisions sociales croissantes et la polarisation incitent le public à s’intéresser moins à l’actualité et à passer moins de temps sur les sources traditionnelles », analyse Jim Egan.

Toujours selon l’étude, ces facteurs influencent également la confiance dans l’information. Elle s’établit cette année à 37%, son niveau le plus bas depuis le début des mesures en 2015. La confiance a chuté de 5 points de pourcentage ou plus sur 19 marchés. En Suisse, elle est passée de 46% en 2025 à 42% en 2026.

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Cette baisse mondiale de la confiance illustre un scepticisme plus général à l’égard des institutions politiques et des dirigeants, exacerbé par l’instabilité géopolitique internationale. Elle est aussi liée à l’évolution des modes de consommation de l’information. En moyenne, les personnes sondées considèrent que les réseaux sociaux sont moins fiables que les médias traditionnels. La confiance globale a donc tendance à baisser à mesure que les gens s’orientent vers cette source d’information.

Emilie Délétroz avec agences