Le 27 mai dernier, 530 magistrat·e·s, juges suppléant·e·s et assesseur·e·s prêtaient serment pour un mandat d’une durée de six ans: «Je jure/promets solennellement d’être fidèle à la République et canton de Genève, comme citoyen et comme juge […] en me conformant strictement aux lois.» Se conformer strictement aux lois est une chose. Mais quid de la Constitution et de son article 120, qui proclame que «l’Etat encourage la médiation»?
Théoriquement, Genève a tout pour réussir: la Constitution, une loi spécifique, un bureau de médiation au Palais de justice qui prend en charge financièrement les médiations. Et plus de 130 médiatrices et médiateurs assermentés. Pourtant, les chiffres du rapport d’activité du Pouvoir judiciaire interrogent: en 2025, sur plus de 120 000 procédures judiciaires, 220 ont été traitées en médiation (moins de 0,2%). En pénal (pour les personnes majeures), le pourcentage est encore moindre. Tous domaines confondus, 723 médiations ont été financées. Plus de 60% ont abouti à un accord. Si deux tiers concernaient un litige familial, 20% relevaient du droit pénal.