Après le revers infligé sur les droits de douane par la Cour suprême à Donald Trump, qui a répondu avec une taxe douanière mondiale de 10% puis 15%, les entreprises suisses semblent avoir plus de questions que de réponses. Quand certaines réclament le remboursement des taxes, d’autres attendent plus de clarté.
Si les taux douaniers changent tous les trois mois, « cela nous complique la tâche », a déclaré le directeur général de Nestlé, Philipp Navratil, lundi à l’agence AWP. Les modifications fréquentes empêchent une planification stable des chaînes d’approvisionnement.
Donald Trump annonce faire passer sa nouvelle taxe douanière mondiale de 10% à 15%
Interrogé sur la nécessité des négociations prévues pour un accord douanier ou sur l’opportunité de les suspendre, le patron s’est montré réservé. Face aux points juridiques à clarifier, il a déclaré avoir « pleinement » confiance dans le Conseil fédéral et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) pour trouver un accord satisfaisant, et n’a pas confirmé se joindre à une action en justice intentée par d’autres entreprises pour obtenir un remboursement.
Tel est le cas de Swatch. Sa filiale outre-Atlantique va demander le remboursement rétroactif des surtaxes payées. Les informations au sujet des nouveaux droits de douane « sont pour l’heure contradictoires et lacunaires. Il est donc difficile de prendre position », a expliqué un porte-parole du groupe horloger biennois.
Attente de clarté
De son côté, la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) dit attendre plus de clarté. « La situation est très différente d’une société à l’autre en fonction de leur mode d’importation », a mis en avant son président Yves Bugmann.
« La Cour suprême des Etats-Unis ne s’est pas prononcée sur la question du remboursement des droits de douane, qui doit désormais être tranchée par les instances inférieures », a ajouté la faîtière Swissmem.
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Techniquement, les surtaxes ont été payées par l’importateur aux Etats-Unis. C’est donc à lui qu’il revient de demander le remboursement de ces droits. « Dans la réalité, les entreprises industrielles suisses ont, dans la plupart des cas, pris en charge une partie des frais de douane en ajustant leurs prix. Elles devront trouver un accord avec leurs clients ».
« Etat d’esprit d’incertitudes »
Invité dans Forum Samuel Vuadens, président du Groupement suisse de l’Industrie des machines et directeur de Nexfab, une société active dans la microtechnique, attend davantage de précisions sur la situation. « On est dans un état d’esprit d’incertitudes. J’utilise la métaphore de la cordée en montagne qui subit un gros orage.
« Face au chaos de l’incertitude, les clients ne passent pas commande auprès des industriels suisses, parce qu’on sera peut-être mieux logés demain. Aujourd’hui cette incertitude est toujours présente et on subit toujours un fort vent de face », regrette-t-il.
>> L’interview de Samuel Vuadens dans Forum : Nombreuses incertitudes pour les PME exportatrices suisses: interview de Samuel Vuadens / Forum / 2 min. / aujourd’hui à 18:03
ats/asch