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C’est une décision majeure pour la Suisse, un changement de paradigme complet de sa politique énergétique. Près de dix ans après la votation sur la sortie de l’atome, le Conseil national a accepté le contre-projet indirect du gouvernement à l’initiative «Stop au blackout», qui lève l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Même si le peuple aura le dernier mot (un référendum a immédiatement été annoncé), c’est une victoire personnelle pour le conseiller fédéral Albert Rösti, qui s’est engagé comme rarement pour aller convaincre les élus et chercher la poignée de voix qui lui manquaient. Hyper-émotionnel, le vote s’est en effet déroulé dans une ambiance électrique, après un véritable coup de théâtre.
Dans un premier temps, le Conseil national avait effectivement décidé lundi soir de freiner ce retour de l’atome, estimant ne pas avoir assez de garanties. Après dix heures d’intenses débats commencés la semaine précédente et l’intervention de pas moins de 99 orateurs, la Chambre du peuple votait le renvoi du contre-projet au Conseil fédéral en lui demandant de revenir avec des clarifications sur les conséquences financières de cette relance de l’énergie nucléaire. Pour la centriste lucernoise Priska Wismer-Felder, à l’origine de la demande, ces analyses approfondies sont «primordiales pour que le parlement puisse prendre la décision de lever l’interdiction de construire des centrales en toute connaissance de cause. Cela doit être clair.»