Le syndicat SCIV dénonce des conditions précaires pour les employés des remontées mécaniques vaudoises et des salaires inférieurs à ceux du Valais. Il réclame un cadre cantonal contraignant, tandis que les exploitants proposent un salaire minimum à 20 francs de l’heure dès 2026.

Alors que les vacances de neige battent leur plein dans les stations vaudoises, certains employés et employées des remontées mécaniques travaillent dans des conditions qu’ils jugent difficiles.

Dans le canton de Vaud, les salaires les plus bas avoisinent les 17 francs de l’heure (brut, sans compter les indemnités). Ces rémunérations sont pratiquées dans le domaine Leysin-Les Mosses-La Lécherette.

Des employés du domaine ont accepté de témoigner anonymement. « Quand je suis arrivée, le salaire était si bas que je n’ai pas pu assumer toutes mes charges. C’était un stress au quotidien », confie l’une d’entre eux à la RTS.

Maxime Cottet dirige Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette depuis moins d’un an. Il reconnaît la nécessité de revoir les conditions salariales.

« Nous avons mis en place des grilles de rémunération. Chaque employé a une évaluation annuelle qui permet, selon les possibilités de l’entreprise, de prévoir des augmentations de salaire », explique-t-il.

>> Ecouter les précisions de Forum : Un syndicat d’employés de stations de ski réclame un salaire minimum et dénonce les pratiques vaudoises / Forum / 2 min. / aujourd’hui à 18:08 Écarts salariaux entre stations

Les politiques salariales varient d’un domaine à l’autre. À Glacier 3000, les salaires les plus bas (saisonnier, sans qualifications) atteignent 20 francs. À Villars-Gryon-Diablerets, ils montent à 21 francs. Ces chiffres n’incluent pas les indemnités telles que les vacances, les repas ou encore le matériel.

Pierre Vejvara, responsable de branche au syndicat SCIV, dénonce un effet de dumping sur les salaires. « Les stations exploitent en masse la main-d’œuvre étrangère à faible salaire… Le personnel indigène a de plus en plus de peine à travailler dans les stations », souligne-t-il dans le 19h30 de la RTS.

A noter aussi que le contexte varie fortement d’une station à l’autre. A Glacier 3000, par exemple, les installations sont ouvertes toute l’année et seule une toute petite partie du personnel a un statut de saisonnier.

Des salaires plus bas qu’en Valais

Si dans le canton de Vaud, chaque domaine définit sa propre politique salariale, le Valais a choisi une autre voie: un contrat type de travail y fixe notamment un salaire minimum pour la branche à 22,75 francs de l’heure avec un 13e salaire.

Pour Pierre Vejvara, le canton de Vaud doit suivre cet exemple et mettre en place un cadre légal clair.

Une vision qui n’est pas partagée par l’Association des remontées mécaniques des Alpes vaudoises. « Les évolutions de salaires doivent rester au niveau du management et de la direction de la société », affirme Maxime Cottet.

Les sociétés de remontées mécaniques proposent cependant de se tenir à un salaire minimum de 20 francs de l’heure à partir de la saison d’hiver 2026-2027. Des discussions avec le canton de Vaud sont en cours.

Des heures pas toujours assurées

Aussi dénoncé par le syndicat SCIV: le fait que les heures de travail ne soient pas assurées. « On doit être super disponibles, super flexibles, mais sans garantie d’avoir des heures de travail », explique une employée de Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette. « L’attribution de jours de travail fonctionne souvent à l’ancienneté », selon un ex-employé du domaine.

Là aussi, le contexte de la station joue un grand rôle sur le nombre de jours travaillés. Aux Mosses, par exemple, le manque d’enneigement empêche d’ouvrir toute la saison, ce qui rend la planification compliquée.

Selon les propriétaires des remontées mécaniques, de nombreux employés apprécient ce fonctionnement de travail, qui permet par exemple de compléter une activité parallèle.  

Les employés contactés expriment tous et toutes le plaisir qu’ils ont à travailler en pleine nature, à la montagne et soulignent la nécessité que leur travail soit mieux valorisé.  

Juliette Jeannet, Thomas Epitaux-Fallot