Le Conseil fédéral envisage d’acheter rapidement un système de défense aérienne longue portée, car le pays ne dispose actuellement d’aucune protection contre les missiles balistiques ou missiles de croisière. Plusieurs fournisseurs promettent qu’ils pourraient rapidement répondre à une commande suisse.
A Eurosatory, le grand salon de l’armement de Paris, Eurosam, le producteur franco-italien du système de défense anti-aérienne longue portée SAMP-T affirme qu’il pourrait livrer dans un délai de 36 mois. « Si la Suisse commande en 2026, nous pourrons commencer à livrer en 2028 et 2029 », assure Cyprien Canivenc, membre de la direction générale d’Eurosam, vendredi dans le 19h30.
Une information intéressante, car depuis ce printemps le Conseil fédéral envisage d’acheter un système alternatif aux batteries Patriot qu’elle a commandées aux Etats-Unis. Comme leur livraison a été repoussée – peut-être jusqu’à 2035 – la Suisse serait entretemps sans défense si elle était visée par un missile balistique ou un missile de croisière.
En plus d’être livrés en retard, les Patriots coûteront considérablement plus que le prix de deux milliards de francs convenu initialement. Pour Cyprien Canivenc, c’est l’occasion de souligner la différence avec les Américains: « Eurosam s’engage pour des prix et a communiqué ces prix à armasuisse. Ils seront tenus. »
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Face aux retards, Berne cherche une alternative au missile Patriot / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 Une forte concurrence
D’autres fournisseurs pourraient pourtant faire concurrence à Eurosam. Diehl Defence, l’entreprise allemande qui développe le système longue portée IRIS-T SLX, estime aussi pouvoir fournir la Suisse d’ici 2029, selon son porte-parole Henner Euting. « Ce serait une solution financièrement intéressante. » En effet, la Suisse a déjà acheté cinq unités de tir de la même entreprise, ce qui permettrait de réutiliser le radar et le centre de contrôle.
Le constructeur sud-coréen Hanwha affirme de son côté qu’il pourrait également fournir d’ici 2029 son système L-SAM. L’entreprise est plutôt considérée comme un outsider, car elle ne produit pas entièrement ses missiles en Europe. Sukdea Yu, responsable du secteur défense aérienne de Hanwha, assure cependant qu’il serait possible de sous-traiter une partie de la production en Suisse.
Présente aussi à Eurosatory, l’entreprise israélienne Rafael n’a pas fait de déclaration sur ce qu’elle pourrait livrer à la Suisse. Son système anti-missile David’s Sling a été éprouvé au combat durant la récente guerre avec l’Iran.
Malgré toutes les promesses de fournisseurs, on ne s’attend pas à ce que le Conseil fédéral choisisse tout de suite un modèle en particulier. En revanche, il devrait se prononcer sur les prochaines étapes avant les vacances d’été.
Pierre Nebel