La pilosité du pubis, un sujet encore tabou mais en pleine mutation. Les pratiques d’épilation pubienne évoluent, influencées par des tendances culturelles, des normes sociales et des préoccupations de santé. Une gynécologue fait le point sur les enjeux sanitaires et les raisons sociologiques derrière ces choix.

L’épilation intime reste un sujet délicat, souvent évité dans les discussions quotidiennes ou même lors de consultations médicales. Pourtant, comme l’explique Martine Jacot-Guillarmod, gynécologue, ce sujet est évoqué par ses patientes, notamment au moment de l’examen clinique. « Elles s’excusent de ne pas être épilées, ce qui est assez récent dans ma pratique », confie-t-elle.

Des poils. [Depositphotos - Cristalov] Des poils. [Depositphotos – Cristalov] Une pratique générationnelle et influencée par la culture

Selon la spécialiste, l’épilation pubienne est une tendance relativement récente, qui concerne principalement les femmes de moins de 45 ans. Elle attribue cette évolution à l’accès plus répandu à des images pornographiques dès les années 1980-1990, où la représentation d’une vulve imberbe est devenue un standard. Des effets de mode, comme le fameux « ticket de métro », ont également contribué à populariser cette pratique.

Les consultations de la gynécologue révèlent deux grandes tendances: d’un côté, les femmes qui s’épilent soigneusement, parfois intégralement, et de l’autre, celles qui prônent un retour au naturel.

Fonction protectrice et hygiène

Martine Jacot-Guillarmod rappelle que les poils pubiens ont une fonction essentielle. Ils protègent la peau et les muqueuses des irritations et des frottements. Leur absence peut entraîner des gênes, comme, par exemple, chez les personnes ayant des lèvres internes plus développées.

Contrairement à certaines croyances, l’épilation n’est pas nécessairement plus hygiénique. Au contraire, elle peut augmenter les risques d’infections et d’allergies, notamment en cas d’utilisation de lames de rasoir ou de crèmes dépilatoires. Ces dernières, composées de produits chimiques, sont particulièrement déconseillées en raison de leur proximité avec les muqueuses.

Enfin, la gynécologue souligne que les attentes des partenaires peuvent aussi influencer les choix en matière d’épilation. Elle insiste sur l’importance de la communication pour éviter les malentendus et les pressions inutiles.

Sujet radio: Lucia Sillig

Adaptation web: Laure Pagella