Avec le recul, regardez-vous votre enfance avec tristesse ?

« J’ai toujours pris les choses naturellement. J’ai été, d’une certaine manière, anesthésié par la vie. J’ai certainement compris que ma mère avait été seule lorsque je suis né, puisque mon père n’était pas là. J’ai réintégré progressivement le foyer familial avec beaucoup de bonheur. »

Laurent Voulzy confie avoir souffert d’un cancer dans le plus grand des secrets

Les enfants qui ont manqué d’amour deviennent-ils souvent des adultes hypersensibles ?

« Certainement. Parce que notre enfance nous marque à vie. Nous l’emportons toujours avec nous. Une enfance difficile peut forger votre personnalité et vous faire prendre conscience de certaines choses de manière positive. Mais elle peut aussi engendrer de la souffrance, de la rancœur, voire une forme d’agressivité ou un désir de revanche. »

Vous évoquez également le cancer de la prostate que vous avez traversé. Aujourd’hui, vous êtes guéri.

« J’ai toujours pensé que j’avais une bonne étoile. Mais lorsque l’on vous annonce que vous souffrez d’une maladie grave, quelle qu’elle soit, et qu’elle met votre vie en péril, forcément, vous vous posez des questions. Sur la brièveté de l’existence, sur le caractère éphémère des choses. Cela remet beaucoup d’événements en perspective. J’ai reçu énormément de cadeaux dans la vie. Alors, peut-être qu’il faut payer à un moment donné (rires). Cela dit, certaines personnes ont fait beaucoup de mal et vivent très longtemps. D’autres, au contraire, sont profondément bonnes, généreuses, font du bien autour d’elles et disparaissent prématurément, parfois après avoir traversé des épreuves très difficiles. La vie est ainsi faite. »

Vous êtes parti en Angleterre pour vous faire soigner. Pourquoi avoir gardé cette épreuve secrète pendant près de dix ans ? Était-ce par crainte du regard des autres ou par peur d’être réduit à votre maladie ?

« C’était simplement par pudeur. Je ne voyais pas l’intérêt d’étaler cela publiquement. Plus tard, j’en ai parlé parce que cela me semblait naturel, mais au moment où j’ai appris la nouvelle, je ne souhaitais absolument pas communiquer dessus. Mon choix d’aller me faire soigner en Angleterre répondait aussi à cette volonté de discrétion. Je ne voulais pas être vu dans les hôpitaux ni devoir m’exprimer sur le sujet. Une fois les traitements terminés et le danger écarté, les choses deviennent plus faciles à évoquer. Beaucoup de personnes vivent cela, parfois dans des situations bien plus graves que la mienne. Aujourd’hui, le cancer de la prostate, comme celui du sein, se soigne généralement très bien. Certaines personnes ressentent le besoin d’en parler parce que ça les soulage. D’autres préfèrent garder cela pour elles. C’était mon cas. »

Vous évoquez aussi votre relation avec Isaure Le Faou, avec qui vous êtes en couple depuis 2019, ainsi que votre différence d’âge.

« Au début, c’était un peu chaotique, parce que ma vie n’était pas particulièrement simple. Je ne vais pas m’étendre davantage sur ce sujet. Maintenant, tout va bien et la santé est revenue. Je suis quelqu’un qui vit dans le présent. La différence d’âge ne pose aucun problème lorsqu’on vit pleinement l’instant. En revanche, lorsqu’on commence à se projeter dans l’avenir, ça devient plus compliqué (rires). Mon amoureuse sera encore jeune tandis que moi, je serai vieux. Alors je profite du moment présent, qui me rend heureux, et nous verrons bien plus tard. En amour comme en amitié, l’âge n’est finalement pas une barrière au bonheur. »

Ce bonheur, vous le trouvez aussi en Belgique ?

« La Belgique est pour moi une terre d’affection et de joie. J’y ai toujours trouvé beaucoup de bienveillance. À l’époque de « Rockollection », je suis venu chez vous et, à la douane, un agent m’a demandé un autographe. C’était le tout premier que je signais et ça m’a beaucoup marqué ! »

Laurent Voulzy se produira en concert le 1er octobre au Cirque royal de Bruxelles, le 2 octobre au Dôme de Charleroi et le 22 octobre au Forum de Liège.