Pilule contraceptive, implant sous-cutané, anneau vaginal ou encore patch transdermique: il existe une dizaine de moyens de contraception différents. A part la stérilisation, prise en charge par certaines assurances complémentaires, la contraception n’est pas remboursée.

En Suisse, le préservatif est la méthode la plus utilisée parmi les personnes sexuellement actives âgées de 15 à 44 ans. Selon la dernière enquête suisse sur la santé de l’OFS, publiée en 2022, il est utilisé comme contraceptif par 39,2% des personnes appartenant à cette catégorie d’âge. Son utilisation augmente même depuis plusieurs années. Il faut compter en moyenne 1 franc par préservatif.

Après le préservatif, c’est la pilule contraceptive qui est la plus utilisée. Elle est adoptée par 17,4% des 15-44 ans, et coûte entre 12 et 25 francs par mois. Mais plus les femmes vieillissent, moins elles se tournent vers cette contraception. Alors que les 15-24 ans sont 23,5% à l’utiliser, elles passent à 19,5% chez les 25-34 ans, et ne sont plus que 11,5% entre 35 et 44 ans.

Baisse d’intérêt pour la pilule contraceptive

C’est le cas de Jeanne Auberson, une jeune femme de 26 ans. Après 10 ans sous pilule contraceptive, elle souhaite changer de méthode: « C’est parfois compliqué de la prendre quotidiennement, et pour avoir une ordonnance, il faut se rendre chez le gynécologue, ce qui ajoute à la charge mentale », explique-t-elle dans l’émission Basik de la RTS. L’étudiante précise qu’elle envisage de se faire poser un stérilet hormonal prochainement.

Pour la docteure Sara Arserver, responsable de l’unité de santé sexuelle et de planning familial aux HUG, la baisse d’intérêt pour la pilule contraceptive s’explique par l’émergence de nouveaux moyens de contraception, une volonté de se détacher des méthodes hormonales, et enfin, les différents scandales autour de la pilule qui ont éclaté dans les années 2010.

Environ 500 francs pour un stérilet hormonal

Avec 7,4% des personnes qui l’utilisent comme moyen de contraception, le stérilet hormonal revient, à terme, moins cher que la pilule. Mais le dispositif et sa pose ont un coût important: entre 500 et 600 francs, ce qui peut représenter un frein financier. « Il y a des gens qui renoncent finalement à la méthode idéale et continuent avec une autre qui leur convient moins bien », déplore la Dre Arsever.

Les hommes peuvent aussi avoir un rôle à jouer dans la contraception du couple. Il n’existe pas de données pour quantifier le nombre de vasectomies faites en Suisse par an, mais plusieurs urologues ont confirmé à la RTS une hausse des opérations et un rajeunissement des hommes qui y ont recours.

Pour Martin Cousino, ce choix a été évident: « J’avais déjà deux enfants, et je n’en voulais plus d’autres. Ma femme prenait la pilule depuis ses 16 ans, je trouvais normal de prendre le relais. » L’opération lui a coûté 1000 francs, à moitié prise en charge par son assurance complémentaire.

Juliette May