Face à ces défis, l’équipe de recherche a voulu mettre la main à la pâte et identifier des souches de ténébrions meuniers – aussi appelés vers de farine à l’état de larves – naturellement plus résistantes aux maladies.
Guillaume Saint-Jacques a mené des expériences sur plusieurs lignées de ténébrions meuniers exposées à la bactérie Serratia marcescens, connue pour infecter plusieurs familles d’insectes. Au total, 200 larves de 10 souches ont été testées (pour un total de 2000 larves) et 2 souches se sont démarquées, soit celle d’origine turque et la française.
«Certaines présentaient une croissance rapide et une faible mortalité, tandis que d’autres, plus lentes à se développer, semblaient mieux résister aux infections. Cela laisse entrevoir qu’il serait possible d’orienter les élevages vers des lignées plus robustes», précise l’étudiant.
Mais les mécanismes derrière cette résistance restent flous. Plusieurs hypothèses sont envisagées: des facteurs génétiques, le rôle du microbiote ou encore un phénomène appelé «amorçage immunitaire», soit la transmission par les parents d’une certaine protection à un pathogène après exposition, explique Marie-Odile Benoit-Biancamano.