Un centre national de surveillance du virus du Nil occidental a ouvert ses portes au Tessin. Son objectif: détecter rapidement la présence de ce virus transmis par les moustiques et limiter sa propagation. Identifié pour la première fois en Suisse en 2022, ce virus pourrait devenir plus fréquent à l’avenir.

Originaire des régions du sud de l’Europe, le virus du Nil occidental est transmis à l’humain par la piqûre de moustiques infectés, eux-mêmes contaminés par des oiseaux sauvages. Cependant, il ne se transmet pas directement entre humains.

La majorité des cas humains de virus du Nil occidental sont asymptomatiques, mais environ 20% des personnes infectées peuvent présenter des symptômes semblables à ceux de la grippe, tels que de la fièvre, des maux de tête et une grande fatigue.

Dans moins de 1% des cas, le virus peut provoquer des complications graves, notamment des atteintes au système nerveux, parfois fatales, en particulier chez les personnes âgées.

Une surveillance active au Tessin

Le nouveau centre de compétence nationale au Tessin vise à surveiller la présence du virus dans les moustiques et les oiseaux, mais également dans le sang humain.

Des pièges à moustiques sont déployés sur tout le territoire tessinois pour analyser leur éventuelle contamination avant que le virus n’atteigne les humains. « Trouver le virus dans les moustiques permet de détecter sa circulation et de cibler les recherches sur les humains », explique Eleonora Flacio, chercheuse et responsable de l’écologie des vecteurs à l’Institut de microbiologie au Tessin, au micro de CQFD.

Des mesures de prévention avant tout

Une fois le virus détecté, les mesures de lutte se concentrent sur la prévention. Il est recommandé aux citoyennes et citoyens, particulièrement aux personnes âgées, de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant des répulsifs et des moustiquaires, surtout le soir, moment où ces insectes sont les plus actifs.

Cependant, il est impossible d’éradiquer totalement les moustiques. « Ils font partie de l’environnement. Le but, ce n’est pas de les éliminer, mais de bien les gérer », souligne la chercheuse.

Une pose de moustiquaire. [Depositphotos - thefutureis] Une pose de moustiquaire. [Depositphotos – thefutureis]

Le Tessin, en raison de sa proximité avec l’Italie, est considéré comme une porte d’entrée potentielle du virus en Suisse. En Italie, le virus du Nil occidental cause chaque année plusieurs décès. Avec le réchauffement climatique, ce virus pourrait s’étendre à d’autres régions de Suisse et d’Europe.

Le centre de surveillance tessinois s’inscrit dans une approche intégrée, visant à protéger la santé humaine, animale et environnementale.

Sujet radio: Huma Khamis

Adaptation web: Laure Pagella