Les personnes à bas revenus choisissent souvent un modèle d’assurance maladie obligatoire plus coûteux que les personnes à haut revenu, selon une analyse du comparateur en ligne Comparis publiée mardi. Un paradoxe qui n’en est pas un.
Selon l’étude de Comparis, les personnes gagnant moins de 4000 francs par mois sont plus d’un tiers (34%) à opter pour le modèle standard d’assurance de base, c’est-à-dire avec le libre choix du médecin, soit le modèle le plus coûteux.
À l’inverse, parmi les personnes qui gagnent plus de 8000 francs, seuls 16,5% choisissent ce modèle. Si ces chiffres peuvent sembler paradoxaux, ils s’expliquent en réalité assez facilement.
Besoin accru de soins et menace de sanctions
« On sait que les personnes qui ont un bas revenu sont plus sujettes à avoir des problèmes de santé », rappelle Simon Zurich, vice-président romand de l’Organisation suisse des patients. « On compte aussi, dans ces bas revenus, une part importante de personnes âgées qui, à leur âge, ont besoin d’avoir des modèles larges et peu restrictifs. »
Par ailleurs, la multiplicité et la complexité des modèles péjorent certaines catégories de personnes, poursuit-il. « On constate qu’il est extrêmement difficile de faire chaque automne l’exercice de changement de caisse, parce que cela demande un travail énorme de se renseigner, de comparer », d’autant que les assureurs « proposent des modèles de plus en plus complexes, avec des conséquences de plus en plus graves en cas de non-respect » des clauses.
Charge cognitive
« Pour pouvoir faire tout cela, il faut une certaine capacité d’attention qu’on n’a pas forcément quand on pense principalement à boucler ses fins de mois », conclut Simon Zurich. Et pour cause: des recherches montrent la précarité accapare l’attention, réduit la capacité cognitive disponible et complique donc la planification à long terme.
Jean-Philippe Rutz/jop