La Coupe du monde en une image

Jour après jour, Le Temps revisite chacune des 22 éditions précédentes pour raconter derrière l’anecdote l’évolution du football. Découvrir la série

La Coupe du monde 1990 en Italie est au carrefour de l’Histoire. Sept mois après la chute du mur de Berlin, elle voit jouer pour la dernière fois les équipes nationales de l’URSS, de la RFA, de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie, dont les Etats n’existeront bientôt plus. Pour les trois premiers cités, le sport a suivi la politique. S’agissant de la Yougoslavie, on se plaît à penser depuis plus de trente ans, à tort certainement, que ce fut l’inverse. Que c’est le sport qui a précipité la fin politique, en échouant à modifier le cours des choses.

Cela s’est joué, dit-on, à un penalty manqué, le 3 juillet 1990 à Florence, au bout d’un quart de finale sans but contre l’Argentine de Diego Maradona. L’équipe de Yougoslavie brille alors que le pays est en phase terminale, elle associe sept Bosniens, sept Croates, trois Monténégrins, deux Serbes, un Slovène et deux Macédoniens, quand les conflits ethniques qui vont dépecer la république fédérative socialiste ont déjà commencé. En mai, un match entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile rouge de Belgrade a dégénéré dans les tribunes. Frappant un policier qui matraquait un supporter, le jeune capitaine du Dinamo Zvonimir Boban est devenu un paria à Belgrade et un héros en Croatie.