Je dois bien l’avouer : lorsque j’ai découvert cette étude, j’ai éclaté de rire. Non pas parce que le sujet est drôle, mais parce que j’ai partagé ma vie avec plusieurs chats et que certains avaient déjà largement de quoi me faire perdre patience sans l’aide de la science. Entre les réveils à cinq heures du matin pour réclamer des croquettes, les courses folles dans le couloir à minuit et les pots de fleurs mystérieusement renversés, il y avait déjà matière à tester mes nerfs. Pourtant, des chercheurs australiens ont bel et bien publié une étude dans la revue Schizophrenia Bulletin. En analysant 17 études menées dans 11 pays sur plus de quarante ans, ils ont observé une association statistique entre l’exposition aux chats durant l’enfance et un risque plus élevé de développer certains troubles liés à la schizophrénie. Rien que ça.

Tout est parti d’un parasite bien connu

Au cœur de cette hypothèse se trouve un minuscule parasite nommé Toxoplasma gondii. Les propriétaires de chats connaissent souvent son nom à travers la toxoplasmose, notamment pendant la grossesse. Ce parasite peut être transmis par des excréments contaminés, mais également par de la viande insuffisamment cuite ou de l’eau contaminée. Les chercheurs se demandent depuis plusieurs années si cette infection pourrait influencer certains mécanismes du cerveau. Dans les études analysées, les personnes ayant été exposées aux chats pendant l’enfance semblaient présenter davantage de troubles apparentés à la schizophrénie. Mais avant de regarder votre chat avec méfiance depuis le canapé, rappelons que nos compagnons à quatre pattes nous apportent bien plus souvent du bonheur que des soucis. D’ailleurs, leur sécurité reste généralement notre première préoccupation, comme nous l’évoquions dans cet article.

Un chat roux (les pires).Un chat roux (les pires).Un chat roux (les pires). Crédit photo : A. Bonazzi pour NeozOne
Les chercheurs eux-mêmes demandent de garder son calme

C’est probablement la partie la plus importante de l’histoire. Les auteurs de l’étude expliquent noir sur blanc qu’ils n’ont pas démontré que les chats provoquent la schizophrénie. Ils ont simplement constaté une corrélation. Et ce n’est pas du tout la même chose. Les scientifiques reconnaissent que de nombreux autres facteurs peuvent entrer en jeu : l’environnement familial, la génétique, le niveau socio-économique ou encore d’autres infections. Certaines études n’ont même trouvé aucun lien entre les chats et ces troubles psychiatriques. Autrement dit, personne ne va retirer son chat du canapé sur la base de ces résultats. Heureusement d’ailleurs, car vu le caractère bien trempé de certains félins, je ne suis pas certaine qu’ils accepteraient la décision.

Les morsures intriguent davantage que les ronronnements

Un autre résultat a particulièrement attiré l’attention des chercheurs. Dans certaines études, les personnes ayant déjà été mordues par un chat présentaient davantage de traits psychologiques associés à la schizophrénie que celles qui n’avaient jamais été mordues. Cette fois, les scientifiques regardent du côté d’autres bactéries, notamment Pasteurella multocida, fréquemment présente dans la gueule des chats. Là encore, aucune preuve formelle n’existe aujourd’hui.

Un chat roux sur le canapé.Un chat roux sur le canapé.Les chats peuvent avoir des comportements et des personnalités différentes. Crédit photo : A. Bonazzi pour NeozOne
Alors, faut-il se méfier de son chat ?

À la lecture de cette étude, je n’ai pas regardé mes anciens compagnons différemment. Certes, certains avaient un talent remarquable pour me faire tourner en bourrique. Mais entre quelques rideaux sacrifiés, des réveils matinaux imposés et une collection impressionnante de poils sur les vêtements noirs, je reste persuadée qu’ils m’ont apporté bien plus de réconfort que de problèmes. Les chercheurs poursuivent leurs travaux et appellent eux-mêmes à la prudence. En attendant, les chats continuent surtout à faire ce qu’ils savent faire de mieux : dormir vingt heures par jour et nous faire croire que nous sommes chez eux. Et vous, après avoir lu cette étude, regarderez-vous votre chat autrement ou continuera-t-il à régner tranquillement sur votre salon ?

Un désaccord constructif, c’est toujours enrichissant.

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