Atmosphère

L’expérience CLOUD exploite une chambre à brouillard pour étudier un lien possible entre les rayons cosmiques et la formation des nuages.
KEYSTONE
Les particules d’aérosols en suspension dans l’atmosphère sont à l’origine des gouttelettes qui forment les nuages. La présence renforcée de ces particules contribue à refroidir le climat, créant une couverture nuageuse et réfléchissant de la lumière du Soleil. Le CERN, grâce à son expérience CLOUD, a mis en lumière une nouvelle source importante de particules d’aérosols marins.
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Aujourd’hui à 13:41
Quand il s’agit d’estimer la sensibilité du climat terrestre et faire des projections sur le réchauffement climatique, «mieux comprendre les aérosols est essentiel», indique Gautier Hamel de Monchenault, directeur de la recherche pour l’expérience CLOUD, cité dans le communiqué du CERN, diffusé jeudi.
Il s’avère que les émissions naturelles générées par le phytoplancton produisent bien davantage de particules d’aérosols qu’on ne le pensait jusqu’à présent, écrit le CERN (Organisation pour la recherche nucléaire). Le phytoplancton marin émet notamment du sulfure de diméthyle, une molécule soufrée volatile.
En s’oxydant dans l’atmosphère, ce sulfure de diméthyle produit de nouveaux composés, dont l’acide sulfurique et l’acide méthane sulfonique. Les scientifiques de l’expérience CLOUD ont étudié le rôle, mal compris jusqu’à présent, de cet acide méthane sulfonique dans la formation de nouvelles particules en suspension.
Un accélérateur de croissance
Les expériences ont notamment montré qu’en dessous de -10 degrés, l’acide méthane sulfonique est aussi efficace que l’acide sulfurique pour former de nouvelles particules avec de l’ammoniac. De plus, note le CERN, à des températures inférieures à +10 degrés, l’acide méthane sulfonique favorise une croissance rapide des particules.
«D’après nos simulations, la formation de nouvelles particules due à l’acide méthane sulfonique pourrait constituer en grande partie la source inexpliquée de particules d’aérosols marins dans les modèles actuels», relève Jasper Kirby, le porte-parole de l’expérience CLOUD, cité dans le communiqué.
Cette découverte du rôle de l’acide méthane sulfonique pourrait contribuer, davantage qu’on ne le pensait, à atténuer en partie les effets de la diminution des aérosols d’origine humaine due aux politiques de réduction d’émissions mises en place, souligne le CERN. Elle pourrait amener à réviser les estimations du réchauffement de la Terre attendu d’ici à la fin du siècle.
L’expérience CLOUD exploite une chambre à brouillard pour étudier un lien possible entre les rayons cosmiques et la formation des nuages. Cette chambre est alimentée par le synchrotron à protons du CERN, qui est ainsi le premier accélérateur de particules utilisé pour étudier la science des climats et de l’atmosphère, peut-on lire sur le site internet de l’organisation.