L’Europe cherche à réduire sa dépendance face aux géants de paiement américains Visa et Mastercard, une préoccupation désormais partagée par le Royaume‑Uni. Jeudi, les dirigeants de plusieurs grandes banques britanniques se sont réunis pour discuter de la modernisation de l’infrastructure financière du pays.

Pour gagner en autonomie face aux systèmes de paiement américains, l’Union européenne développe son projet d’euro numérique. Cette initiative répond à une inquiétude croissante de la Banque centrale européenne, qui estime que l’absence d’infrastructure de paiement véritablement européenne expose le continent à une vulnérabilité stratégique, dans un contexte de « militarisation croissante des outils économiques ».

En effet, aujourd’hui, la plupart des cartes utilisées en Europe — tout comme en Suisse — sont émises par Visa et Mastercard, plaçant l’UE dans une dépendance directe envers les Etats-Unis.

L’insouciance européenne rattrapée par la géopolitique

« L’expérience de Donald Trump a montré que les Etats‑Unis pourraient utiliser cette dépendance comme un instrument de domination politique. Ils peuvent priver telle ou telle personne, organisation ou entreprise de l’accès aux moyens de paiement américains, ce qui fait peser une véritable épée de Damoclès sur toutes les politiques européennes », affirme Henry Sterdyniak, économiste et membre de l’association des Economistes atterrés, mardi dans La Matinale de la RTS.

Car s’il prenait à Donald Trump l’envie de bloquer ces cartes en Europe, il s’ensuivrait une paralysie de nombreux services et un énorme chaos.

Longtemps, l’Europe ne s’est pourtant pas inquiétée de cette domination américaine. Henry Sterdyniak parle même d’une « douce insouciance ». L’Europe n’imaginait pas que les Etats‑Unis puissent utiliser ces cartes comme un outil de chantage. Un scénario que le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche a rendu possible.

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Sujet radio: Katja Schaer

Adaptation web: Miroslav Mares