En 2022, le record absolu de précocité a été établi au 26 juin. À l’époque, les glaciers suisses ont perdu 6% de leur masse en un an, une part encore jamais atteinte auparavant, depuis le début des recensements. Ces deux records sont, en principe, liés: plus le jour de recul est précoce, moins les glaciers sont protégés contre la chaleur estivale.

40% de masse perdus depuis l’an 2000

« Un glacier en bonne santé ou même en croissance ne serait possible que si les réserves hivernales de neige ne fondaient jamais complètement », expliquait l’an dernier à Keystone-ATS Mathias Huss, glaciologue au WSL. Le fait que le jour de la fonte complète de ces réserves intervienne entretemps chaque année montre que les glaciers suisses perdent durablement de leur masse.

En 2026, les signes avant-coureurs de ce quasi-record de précocité étaient multiples. Selon les mesures du Réseau des relevés glaciologiques suisses (GLAMOS), les glaciers présentaient déjà un déficit de neige de 25% en avril et en mai par rapport aux valeurs moyennes des années 2010 à 2020.

Les prémices du recul des glaciers datent d’il y a environ 170 ans. La fonte n’était encore que timide au début. Les années de recul alternaient avec des décennies de compensation à travers d’épaisses couches de neige. Puis, le recul s’est fortement accéléré. Depuis l’année 2000, les glaciers suisses ont perdu environ 40% de leur volume. Il y a 26 ans, leur masse atteignait encore 74,9 km3. L’été dernier, ils ne comptaient plus que 45,1 km3.