Ce que vous allez apprendreLe recours aux traitements hormonaux de la ménopause repart à la hausse en France depuis 2020, avec près de 500 000 femmes traitées en 2025.Les prescriptions évoluent vers des pratiques plus conformes aux recommandations.Des inégalités persistent dans les profils des utilisatrices et les modalités de prescription.
Le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare, en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), publie une étude sur l’utilisation du traitement hormonal de la ménopause (THM) en France entre 2012 et 2025 à partir des données du Système national des données de santé (SNDS).
Le THM est indiqué pour les symptômes climatériques et, dans certains cas, pour la prévention de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées à risque fracturaire. Après les résultats de la Women’s Health Initiative en 2002, son usage a reculé dans de nombreux pays en raison des inquiétudes sur les risques thromboemboliques, cardiovasculaires et mammaires.
L’étude française publiée ce 25 juin vise à à analyser l’évolution de l’utilisation et des initiations du THM en France et à analyser les types de prescriptions.
Évolution des usages
Les résultats montrent une évolution du recours au THM en deux temps : une diminution continue entre 2012 et 2022, puis une remontée progressive entre 2022 et 2025, de 24 %, chez les femmes de 45 à 60 ans. La proportion d’utilisatrices est passée de 6,6 % à 3,6 % sur la période de baisse, avant de remonter à 4,4 % en 2025. En 2025, 496 245 femmes utilisaient un THM en France.
Par ailleurs, la part des femmes de 45 à 60 ans traitées en 2025 est revenue à un niveau proche de celui observé en 2012.
Des initiations de traitement en hausse
Le document souligne aussi que les initiations de traitement ont fortement reculé entre 2012 et 2020 chez les femmes de 45 à 60 ans, avant de repartir à la hausse. En 2025, 132 397 femmes ont initié un THM, dont 81,5 % avaient entre 45 et 60 ans, avec un âge moyen à l’initiation de 52 ans.
Les femmes qui commencent un THM en 2024 présentent globalement un profil socio-économique plus favorisé et un recours aux soins plus fréquent, notamment en gynécologie et pour le dépistage des cancers. Elles ont aussi moins de comorbidités cardiométaboliques et de cancers que les non-utilisatrices comparables, ce qui suggère une sélection clinique prudente au moment de l’initiation.
Pratiques de prescription
La prescription s’oriente de plus en plus vers des schémas conformes aux recommandations françaises, avec une forte prédominance de la voie transdermique pour les estrogènes. En 2024, cette voie représente 86,5 % des utilisations d’estrogènes chez les 45-60 ans. Les associations estroprogestatives restent majoritaires.
Les progestatifs les plus utilisés sont la progestérone ou la dydrogestérone, au-delà de 90 %. Les initiations provenaient surtout des gynécologues libéraux (51,4 %), devant les généralistes (25,1 %), avec de fortes variations territoriales, notamment des taux plus élevés dans le Sud, en Île-de-France et dans le Nord.
L’étude met aussi en évidence un recours plus important à la voie orale chez les femmes moins favorisées, qui présentent plus de facteurs de risque cardiovasculaire.
La vigilance reste nécessaire
Dans un contexte où la durée optimale du traitement reste incertaine et où les questions de sécurité, en particulier sur le cancer du sein, demeurent présentes, ces résultats montrent à la fois une évolution positive des pratiques et la nécessité de poursuivre la surveillance et les études complémentaires.