Dans le quartier de Santa Rosalía, une fresque monumentale réalisée par l’artiste Igor Scalisi Palminteri, dévoilée le 23 juin, représente la chanteuse espagnole en figure sacrée.

Une madone moderne aux traits de la pop star espagnole Rosalía veille désormais sur le quartier de Santa Rosalía, à Palerme. Dévoilée le 23 juin, une fresque majestueuse bouscule les codes de l’art urbain et du sacré en Sicile. L’artiste palermitain Igor Scalisi Palminteri y a représenté la chanteuse espagnole Rosalía sous les traits d’une figure sainte, auréolée directement inspirée de Santa Rosalía, patronne de la ville.

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. À Palerme, la figure de Santa Rosalía structure l’identité de la cité depuis le XVIIe siècle. Elle vécut toute sa vie retirée sur le Monte Pellegrino, près de Palerme, où elle mourut en 1170. Selon la tradition catholique, elle serait apparue en songe en 1624 pour guider les habitants vers ses reliques, mettant ainsi fin à une terrible épidémie de peste. Élevée au rang de sainte patronne, la « Santuzza » fait l’objet d’une dévotion fervente, culminant chaque année lors du Festino, une procession baroque où se mêlent ferveur religieuse et folklore.


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« À Palerme, l’image de Sainte Rosalie traverse le temps, change de sens et se transforme au rythme de la ville, affirme le street artiste dans un communiqué. C’est une présence qui relève de la dimension religieuse, mais aussi populaire, culturelle et même affective ; aujourd’hui plus que jamais, elle accompagne les luttes pour l’émancipation des femmes dans une société qui veut encore les maintenir dans la soumission. » Son œuvre intitulée Ecstasy, repose sur ce syncrétisme.

« Le fond doré évoque le mysticisme de l’iconographie sacrée, tandis que le décor inspiré des illuminations du Festino s’inscrit dans cette dévotion populaire qui caractérise depuis toujours Palerme » détaille l’artiste.

Un dialogue mystique et musical

La culture sicilienne a également été honorée par la pop star espagnole. Dans son dernier album Lux, traversé de références spirituelles, Rosalía a rendu hommage à la sainte et à la Sicile dans le titre Focu Ranni, dont une partie est interprétée en dialecte sicilien.

Dans cette chanson, l’artiste ibérique explore les thèmes du renoncement et de l’émancipation : « Mi jittaiu nta lu nenti / Pi nun pèrdiri a libbirta’ » (« Je me suis jetée dans le néant pour ne pas perdre ma liberté »). Dans un communiqué, Igor Scalisi Palminteri, dépeint le texte de la chanteuse comme faisant directement écho à la quête d’absolu de l’ermite : « Je perçois une tension qui appartient à la fois à la recherche artistique de Rosalía et à la figure de Sainte Rosalie : l’idée d’un passage, d’une transformation nécessaire pour nourrir sa propre liberté. »