La Nasa se lance dans une course contre la montre pour empêcher un télescope vieillissant de retomber sur Terre grâce à une mission de sauvetage audacieuse.L’agence spatiale va utiliser un engin robotisé pour remorquer ce satellite d’observation vers une orbite plus élevée de manière à prolonger sa durée de vie.

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Une opération de sauvetage à 30 millions de dollars. L’agence spatiale américaine a fait appel à la startup Katalyst Space Technologies pour mener à bien cette opération de sauvetage. Cette entreprise américaine, qui s’est spécialisée dans les opérations de maintenance robotisées en orbite basse terrestre, a mis au point pour la Nasa un robot « mécano ». LINK, c’est son petit nom, fait la taille d’un petit réfrigérateur. Il est doté de trois bras mécaniques avec des pinces aux extrémités de manière à agripper Swift et l’amener sur une orbite plus élevée, d’où ce dernier pourra continuer ses observations. 

Des ingénieurs de Katalyst Space s'affairant autour du robot LINK.Des ingénieurs de Katalyst Space s’affairant autour du robot LINK. – NASA/Sophia Roberts

L’engin doit quitter la Terre ce mardi 30 juin à bord d’une fusée Pegasus XL (nouvelle fenêtre) de la société américaine Northrop Grumman. « C’est le premier robot spatial américain à être envoyé en orbite pour mener une mission de ce type », a déclaré Ghonhee Lee, le PDG de Katalyst Space, auprès d’Associated Press. La Chine avait mené avec succès une mission similaire en 2022. Selon Katalyst Space, il faudra environ un mois à l’engin robotisé pour rattraper Swift et s’agripper à lui, puis à nouveau deux mois pour le remorquer jusqu’à l’orbite souhaitée par la Nasa.

Une course contre la montre

Lancé en 2004, l’observatoire spatial Swift a coûté la bagatelle de 500 millions de dollars. Il a été spécialement conçu pour détecter les explosions de rayons gamma dans l’univers. Pour les néophytes, ces explosions cosmiques résultent des phénomènes les plus extrêmes. Les objets célestes qui leur sont associés – des supernovae et des pulsars – génèrent des quantités d’énergie phénoménales. Cependant, à mesure que le temps passe, Swift perd de l’altitude, au point qu’il s’approche dangereusement du point de non-retour, un phénomène amplifié par la forte activité solaire récente.

« Si nous laissons Swift rentrer dans l’atmosphère, nous perdons ce télescope », a déclaré Nicky Fox, responsable des missions scientifiques à la Nasa, auprès d’Associated Press. « Nous n’avons actuellement pas le budget nécessaire pour en construire un autre afin de le remplacer », a-t-elle souligné. L’appareil se trouve actuellement à une altitude d’environ 350 kilomètres, et si rien n’est fait d’ici le mois d’octobre, il sera trop tard pour le sauver, selon la Nasa. L’agence a réussi à gagner un peu de temps en désactivant tous ses instruments scientifiques afin de ralentir sa descente. Les observations ont cessé en février dernier.

Il s’agit d’une mission à haut risque Shawn Domagal-Goldman, directeur du département astrophysique à la Nasa

La mission du robot « mécano » LINK consistera à remorquer Swift jusqu’à une altitude de 600 kilomètres. Si tout se passe bien, l’observatoire de l’agence spatiale américaine pourrait être de nouveau opérationnel d’ici septembre. Ce dernier n’ayant pas été conçu pour être réparé, et encore moins pour être remorqué, « il s’agit d’une mission à haut risque », a déclaré Shawn Domagal-Goldman, directeur du département astrophysique à la Nasa, cité dans un communiqué (nouvelle fenêtre). Mais le jeu en vaut la chandelle, selon elle, d’autant que cette opération de sauvetage pourrait en amener d’autres, en cas de succès. 

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Katalyst Space travaille déjà sur un robot de nouvelle génération. Il sera en mesure d’intervenir sur des satellites situés à plus de 35.000 kilomètres d’altitude. Le télescope Hubble, qui a fêté ses trente-six ans d’existence, a bénéficié de multiples opérations de maintenance réalisées par des astronautes lors de sorties dans l’espace à l’époque des navettes spatiales. L’agence spatiale américaine envisagerait de prolonger sa durée de vie grâce à ce nouveau robot « mécano ». Autant dire que la mission sera scrutée de près par les responsables de la Nasa.

Matthieu DELACHARLERY