Vingt ans d’info. Après le Mondial 2006, l’ex-animatrice de « Téléfoot » Nathalie Renoux débarque sur M6. Deux décennies plus tard, la journaliste de 55 ans est l’un des visages familiers de l’information, elle qui présente « Le 19.45 », rendez de l’info de la chaîne, dont elle a participé à sa création. Pour 20 Minutes, cette mordue d’actu en dit plus sur elle et sur l’évolution des formats info de la chaîne.
A quand remonte votre envie de devenir journaliste ?
Dès l’âge de 10 ans, mon rêve était de présenter le journal télévisé. Je réalise donc mon rêve d’enfant. Avec les études, notamment en école de journalisme, j’ai tenté d’autres choses. Mais, finalement, j’ai fini par devenir ce que j’avais toujours voulu être, c’est-à-dire une sorte de cheffe d’orchestre, au cœur d’une rédaction.
Racontez-nous vos premiers pas chez M6…
Au moment où M6 m’a appelé en 2026, je commençais à me dire que j’avais un peu fait le tour à LCI. J’avais envie d’autre chose. La vie est souvent bien faite. Il y avait alors un poste qui se libérait afin de présenter « Le 12.50 » [devenu « Le 12.45 »]. J’ai dit « oui » assez rapidement et je ne le regrette pas, puisque j’y suis encore, vingt ans plus tard (rires).
Comment y avez-vous vécu votre premier JT ?
C’était l’été, il y avait une attente de la part de la rédaction. Je venais de l’extérieur et je pense qu’il y avait une petite défiance à mon égard. J’étais là pour remplacer Anne-Sophie Lapix, je me disais : « Tu n’as pas intérêt à te planter ». J’étais hyperstressée, mais j’ai réussi mon examen de passage.
La naissance du « 19.45 » est un moment important dans votre vie pro et dans celle de la chaîne…
Oui, j’ai eu la chance d’assister à la naissance du « 19.45 ». On partait d’une page blanche. Il fallait tout inventer. Au moment où on a lancé « Le 19.45 », en 2009, on a également révolutionné « Le 12.45 », qui était le seul programme d’info incarné. Avant, il y avait le « 6 minutes ». Pour « Le 19.45 », on a planché tout un été sur la présentation, debout, les rubriques, le timing et le ton qu’on voulait donner à ce JT. On voulait alors qu’il soit comme un journal de presse écrite, qu’on puisse rapidement tourner les pages et avancer, tout en offrant une information exhaustive. M6 est entré dans la cour des grands avec « Le 19.45 ».
Un JT qui a bien grandi en quinze ans…
Effectivement, la rédaction du « 19.45 » a bien grandi, on a recruté des journalistes. Les nouveaux arrivants apportent un œil neuf. Les ex-jeunes sont devenus plus matures et ont la marque M6 ancrée en eux. Au fur et à mesure, on a mûri, et nos journaux s’en ressentent. Ils sont très vite apparus comme des rendez-vous pédagogiques, dynamiques.
Aujourd’hui encore, les gens nous disent « Ah, c’est bien, votre journal, on l’aime bien, parce qu’il est court et rapide. » En réalité, il n’est pas si court que cela, puisqu’il dure trente-cinq minutes (rires). Après, si les gens ne voient pas le temps passer, c’est parce qu’on a réussi, je pense, à créer un rythme.
Et qui a très tôt été incarné par des femmes…
Il y a toujours eu des journalistes femmes dans nos JT et à l’antenne. On le voit en ce moment avec la Coupe du monde, avec, entre autres, Ophélie Meunier et Virgnie Sainsily. C’était déjà le cas dans le passé. Je pense notamment à Estelle Denis et son « 100 % Foot ». De manière générale, en l’espace de vingt ans, je trouve qu’il y a une meilleure représentativité.
Revenons à vous. Est-ce qu’il y a une interview que vous avez menée et qui vous a marquée ?
J’ai eu l’occasion d’interviewer Jean-Luc Mélenchon (LFI) au moment d’une campagne présidentielle. Vous devez être très préparée, comme avant une bataille. C’est quelqu’un qui parle très bien et qui a un rapport particulier aux journalistes. Le cœur bat un peu plus vite que d’habitude. Avant l’interview, j’avais été le voir en loge afin de créer du lien humain, car je trouve que c’est parfois désagréable, quand on est téléspectateur, d’avoir un Jean-Luc Mélenchon très agressif. Ce jour-là, il avait été dans son rôle et cela s’était bien passé.
Avez-vous connu, dans votre riche parcours, un imprévu en plateau ?
Je me souviens de mon collègue Franck Edard, qui animait « Expliquez-nous ». Après sa rubrique, en sortant du plateau, il est tombé, en loupant une marche. Cela a fait une espèce de grand boum. C’est l’un de mes plus grands fous rires à l’antenne. Je tiens à préciser que lui aussi était mort de rire. Et pourtant, il s’était vraiment blessé.
Vingt après, vous ne ressentez pas de lassitude ?
Non, car il y a une mutation perpétuelle. Je ne me suis jamais lassée. J’ai aussi la chance, avec M6, de faire d’autres choses, notamment une émission de faits divers* qui m’apporte beaucoup.
Qu’est-ce que vous aimez faire dans votre vie, en dehors des plateaux ?
J’aime voir mes amis, partager une terrasse. Je prends le métro, je me déplace facilement, car les gens ne me courent pas après (rires). Je vais au cinéma. En ce moment, c’est le football, c’est ma passion, je regarde évidemment les matchs de la Coupe du monde.