Un élément fondamental pour permettre aux astronautes de revenir sur Terre. Alors que la mission Artemis II doit s’élancer en 2026, des chercheurs rappellent que, si la mission Artemis I (inhabitée) avait été un succès, des doutes avaient été formulés concernant son bouclier thermique.

Ce dernier est essentiel pour qu’une capsule puisse revenir sur Terre car il protège l’équipage des températures extrêmes qu’implique la rentrée atmosphérique. « Lors de sa rentrée dans l’atmosphère terrestre, un vaisseau spatial doit résister à des températures pouvant atteindre 3 870 °C », détaille le magazine New Scientist.

Testé en 2022 lors d’un vol sans équipage, le dispositif avait d’abord donné satisfaction. La capsule Orion avait amerri sous parachutes le 11 décembre 2022, après 26 jours de mission autour de la Lune. Mais des anomalies ont été observées sur le matériau du bouclier.

Bouclier thermique : des dysfonctionnements relevés sur le modèle de 2022

Dans un communiqué publié en 2024, la NASA a indiqué « qu’il a été constaté que le matériau de protection thermique ablatif s’était détaché de manière inattendue du bouclier thermique d’Orion lors de sa traversée de l’atmosphère terrestre ».

Ces constats ont nourri des interrogations, notamment à l’approche du lancement d’Artemis II, la première mission habitée du programme. Interrogé par ABC News, l’ancien astronaute Charlie Camarda estime que « nous ne devrions absolument pas envoyer un équipage à bord de ce véhicule ». Ce dernier avance des préoccupations concernant la compréhension complète des phénomènes observés, estimant qu’il restait des questions sur le comportement du matériau lors d’une rentrée à vitesse lunaire.

Face à ces critiques, la NASA avait engagé en 2024 une analyse approfondie. Deux ans plus tard, selon Ars Technica, Jared Isaacman, l’administrateur de l’agence, a « exprimé une pleine confiance » dans le bouclier thermique pour Artemis II. Après des mois d’examens et d’essais complémentaires, la NASA a « officiellement décidé de lancer la mission Artemis II avec le bouclier thermique existant ».

Comment sont testés les boucliers thermiques ?

L’agence a multiplié les tests au sol pour mieux comprendre les charges thermiques et mécaniques subies lors de la rentrée dans l’atmosphère. New Scientist rapporte ainsi que la NASA a procédé à des essais consistant à « faire exploser » des échantillons du matériau utilisé pour fabriquer le bouclier, afin de simuler des contraintes extrêmes et caractériser les mécanismes de fissuration et d’érosion. Comme l’explique la NASA, les tests sont réalisés au sein du complexe Arc Jet de la NASA, au centre de recherche Ames en Californie.

Là-bas, des installations permettent de simuler les conditions de rentrée dans l’atmosphère « en créant artificiellement un gaz dissocié à des températures supérieures à celle de la surface du Soleil et en le projetant à grande vitesse contre des maquettes de boucliers thermiques afin d’évaluer leur comportement ».

Selon la NASA, ces tests permettent aux chercheurs de « simuler les contraintes auxquelles le bouclier thermique sera soumis lors de la rentrée atmosphérique, fournissant ainsi des données pour améliorer et certifier les conceptions ». En parallèle, à l’aide de supercalculateurs, les chercheurs travaillent pour anticiper la réaction du bouclier thermique lors de l’entrée dans l’atmosphère.

Si le bouclier thermique semble efficace, la NASA lutte depuis plusieurs semaines pour tenir les délais de la mission Artemis II dont le lancement, qui devait avoir lieu en mars, a une nouvelle fois été décalé. Sur le réseau social X, Jared Isaacman, l’administrateur de la Nasa a écrit ce 21 février 2026 : « Je comprends que des gens soient déçus par ces nouvelles. Cette déception est ressentie bien plus intensément par les équipes de la Nasa, qui ont énormément travaillé pour préparer ce grand événement ».