Soixante-seize cas de Powassan, un virus méconnu pouvant être mortel, qui se transmet pas une morsure de tique, ont été détectés aux États-Unis en 2025. Il n’existe actuellement aucun médicament ni vaccin spécifique pour traiter ou prévenir la maladie.
L’inquiétude grandit. Le virus Powassan, du nom d’une ville de l’Ontario (Canada) où il a été découvert pour la première fois sur un enfant de 4 ans, met la communauté scientifique en alerte. Sa rapidité de transmission et le fait qu’aucun traitement ni vaccin spécifique n’ait été trouvé à ce stade rendent ce virus particulièrement inquiétant pour les médecins alors que les cas se multiplient aux États-Unis.
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 76 Américains ont ainsi été diagnostiqués positifs au virus en 2025, soit le total annuel le plus élevé jamais enregistré. Plus globalement, les chiffres montrent des cas d’infection en augmentation partout où le virus est présent, c’est-à-dire actuellement au Canada, aux États-Unis et en Russie.
quinze minutes seulement pour être infecté
Le Canadian medical association journal (CMAJ) a alerté en août dernier sur la propagation du virus dans une nouvelle étude. Le virus se transmet donc par la morsure d’une tique : il suffit de quinze petites minutes pour infecter un humain. Les tiques peuvent se trouver sur des animaux sauvages comme des chevreuils, ou encore sur des ratons laveurs mais aussi, sur des chiens et chats domestiques.
Les symptômes sont variés selon la personne infectée, rendant le diagnostic plus difficile. En plus de la fièvre, des maux de tête et de la raideur de nuque, le virus Powassan peut également provoquer des vomissements, de la faiblesse musculaire, de la confusion mentale, des crises d’épilepsie, ou encore des pertes de mémoire. Les symptômes peuvent prendre plusieurs semaines avant de se manifester.
ni vaccin, ni traitement
Certaines personnes peuvent aussi développer de graves problèmes neurologiques, comme une inflammation du cerveau ou une inflammation de la moelle épinière. Dans les formes les plus graves de la maladie, les médecins observent une mortalité qui s’élève entre 10 et 15%. Les survivants ont 50% de probabilités de souffrir de troubles neurologiques après avoir contracté l’infection.
Il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour ce virus. Le Dr. Zachary Blatman, à l’origine de l’étude publiée par la CMAJ, recommande ainsi aux médecins d’effectuer plusieurs tests à large spectre en cas de signes évocateurs, afin de diagnostiquer les patients le plus rapidement possible.
«Étant donné les symptômes cliniques non spécifiques, ainsi que les effets du changement climatique sur les taux d’infection transmise par les tiques, un test sérologique à large spectre d’arbovirus doit être envisagé pour les patients présentant une encéphalite, en particulier en été et en automne», affirme-t-il.
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