La CARPE, coalition de défense des 180’000 riverains de l’aéroport de Genève, exige des mesures urgentes contre les nuisances sonores. Sont notamment visés les vols low cost qui décollent à l’aube et atterrissent tard dans la nuit.

La période estivale amplifie le problème. Avec une augmentation de 10% du trafic aérien en juillet et août par rapport aux autres mois de l’année, les habitants de la zone concernée subissent de plein fouet les nuisances sonores des avions. Mardi, la Coordination Régionale pour un Aéroport de Genève Urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE) a tenu une conférence de presse pour faire entendre sa voix.

La coalition tient à le préciser d’emblée: elle ne s’oppose pas à l’existence de l’aéroport, mais au modèle économique des compagnies low cost. Ces dernières multiplient les créneaux nocturnes – décollages très matinaux et atterrissages tardifs – pour proposer des tarifs attractifs aux vacanciers.

Le revers de la médaille? Une pollution sonore qui affecte directement la santé des riverains. Selon la faîtière des associations, ces nuisances peuvent notamment provoquer insomnies et hypertension artérielle.

L’insonorisation au ralenti

Autre grief de la CARPE: la lenteur des travaux d’insonorisation. Actuellement, seuls 50 bâtiments sont traités par an, un rythme jugé insuffisant au regard de l’ampleur du problème.

La coalition dénonce également la révision de la Loi fédérale sur la protection de l’environnement, qui assouplit selon elle les contraintes de construction dans les zones exposées au bruit.

Des solutions inspirées d’un succès

Pour inverser la tendance, la CARPE propose un système de quotas pour les atterrissages nocturnes, assorti d’amendes pour les compagnies contrevenantes. Un modèle qui a déjà fait ses preuves: appliqué aux décollages, il a permis de réduire leur nombre de 53%.

Autre piste, une taxation progressive des appareils les plus bruyants, incitant les compagnies à renouveler leur flotte avec des avions qui font moins de bruit.

L’aéroport répond et nuance

Contacté, l’aéroport de Genève a tenu à « rétablir quelques faits ». Selon ses données, les atterrissages nocturnes sont en recul de 1% en 2025 et de 5% pour la période janvier-mai 2026.

Par la voix de son porte-parole, Ignace Jeannerat, l’aéroport confirme par ailleurs travailler sur des mesures pour les atterrissages, tout en soulignant la complexité du dossier: « Nous ne maîtrisons pas le ciel européen », explique-t-il.

Concernant les horaires d’exploitation, l’aéroport rappelle que les fermetures nocturnes relèvent d’une compétence fédérale.

Des redevances déjà différenciées

Sur le plan tarifaire, l’aéroport assure aussi avoir déjà mis en place un système de redevances différenciées selon les classes de bruit des appareils. Entre 21h et 6h, des charges supplémentaires s’appliquent, modulées selon l’heure et la catégorie de bruit de l’avion.

Ainsi, un appareil de classe I (le plus bruyant) décollant entre minuit et 6h est facturé 18’000 francs supplémentaires, contre 1500 francs pour un avion de classe V (le moins bruyant). Un système d’incitation qui vise à encourager l’utilisation d’appareils moins nuisibles.

Mathilde Salamin/ther