« Il est énorme le Vélodrome, ça me fait peur tellement c’est grand ! » Comme la plupart des personnes interrogées sur le parvis du stade avant le concert de Bad Bunny ce mercredi 1ᵉʳ juillet, Juliette n’est pas familière de l’enceinte phocéenne. Au moment de l’annonce de la tournée « Debí Tirar Más Fotos World Tour » de la superstar Bad Bunny dans les stades du monde entier, chaque date a été prise d’assaut en quelques minutes.
Felipe et Bryan vivent à Paris depuis quelques années maintenant. Originaire de Colombie, Marseille a été la seule date où ils ont réussi à se procurer une place. Pour le premier, « Benito » représente la « lutte ». « Avant il parlait beaucoup de filles comme beaucoup d’artistes mais son album YHLQMDLG a marqué un tournant », retrace le jeune de 22 ans. Depuis, Bad Bunny prend position contre l’administration Trump, le racisme, le classisme (discrimination fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale) et la gentrification de son île de Porto Rico.
Alizée, elle, l’a connu grâce à sa « performance politique au SuperBowl ». La jeune Aixoise a apprécié ce show millilitré parsemé de messages en hommage à toutes les cultures latinos : « C’est dommage qu’en France nos artistes ne soient pas aussi engagés », souffle-t-elle en finissant sa canette de soda devant le Vel’. Entre les différents snacks qui crachent les rythmes chaloupés de Bad Bunny, nombre de fans portent des drapeaux de pays d’Amérique latine.
D’origine argentine, Melani est arrivé à Aix-en-Provence en 2010 pour ses études de lettres. Proche des « valeurs » de Bad Bunny, elle assure qu’en Amérique latine « tous les artistes sont engagés ».
« Je suis venue pour kiffer, danser et twerker »
À quelques heures du show, Felipe assure lui qu’il « espère pleurer » ce soir. « Ce n’est pas facile d’être immigré, je suis loin de là où je viens, j’espère un avenir meilleur, j’aimerais que Bad Bunny me ramène en Colombie le temps du concert car il a des sons très profonds qui te font ressentir ça », détaille le jeune homme qui se sent très proche de l’engagement de l’artiste portoricain contre la gentrification parce que, selon lui, cela touche également sa ville natale de Medellín en Colombie.
Rencontrés sur le parvis, Bob et Ethan viennent de Boston pour le concert et « le soleil ». Mis à part pour le Super Bowl, « Benito » ne se produit pas aux États-Unis de peur de voir l’ICE aux abords de ses concerts. « On supporte Bad Bunny », lâche le premier dans un sourire.
Drapeau de l’Argentine à la taille, Irati se présente comme une fan de la première heure. Après avoir évoqué les engagements de Bad Bunny pêle-mêle, la trentenaire s’exclame : « Moi, ce soir, je suis venue pour kiffer, twerker, danser ! ». Un programme approuvé par Clara venue de Lille pour découvrir « l’ambiance festive latino ».
Présent lors d’un des dix concerts qu’il a signés au stade Metropolitano de Madrid, le journaliste indépendant espagnol Léonard Perez a fait le déplacement jusqu’à Marseille pour suivre la tournée de la star portoricaine : « À Madrid, dans le public il y avait une pancarte où c’était écrit ‘En premier on twerk, et après on décolonise' ». Tout un symbole.