Dans son rapport annuel sur la stabilité financière, la Banque nationale suisse estime que le secteur bancaire, UBS en tête, est en mesure d’absorber des pertes en cas de crise, malgré un contexte international incertain.

« Le secteur bancaire suisse est globalement bien positionné pour relever les défis que présente l’environnement actuel », note la Banque nationale suisse (BNS) dans son rapport sur la stabilité financière publié jeudi.

Dans le même temps, elle pointe que « le contexte économique et financier reste difficile pour le secteur financier suisse, en raison notamment du conflit au Moyen-Orient, des tensions liées au commerce international, et des incertitudes géopolitiques et macroéconomiques qui en découlent. »

« Too Big To Fail »

La capacité bénéficiaire d’UBS a continué de progresser en 2025, portée par la gestion de fortune et la banque d’investissement. Ses activités suisses ont en revanche vu leur rentabilité reculer, pénalisées par la baisse du résultat net des opérations d’intérêts.

UBS dépasse par ailleurs déjà les exigences renforcées de la réglementation « too big to fail », qui s’appliqueront pleinement dès 2030. Ce durcissement, décidé après la chute de Credit Suisse, vise notamment à mieux couvrir les risques liés aux participations d’UBS dans ses filiales étrangères. Début juin, son directeur général Sergio Ermotti avait assuré que la banque « acceptera et respectera » la décision du Parlement sur ce dossier.

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Parmi les autres banques d’importance systémique, et dont la défaillance menacerait l’économie et le système financier suisse, la rentabilité de PostFinance et de la Banque cantonale de Zurich a augmenté l’an dernier, tandis que celle du groupe Raiffeisen a diminué. Les ratios de fonds propres se sont globalement renforcés sur l’ensemble du secteur bancaire suisse.

Selon les tests de résistance menés par la BNS, la plupart des banques orientées vers le marché intérieur devraient pouvoir absorber l’impact de scénarios de crise sans réduire leurs prêts ni renforcer leur capitalisation. Elles restent néanmoins particulièrement exposées à une hausse marquée des taux d’intérêt combinée à une correction des prix sur le marché immobilier.

Liquidités et acteurs non bancaires sous surveillance

Les turbulences de 2022-2023, en Suisse comme aux Etats-Unis, ont montré que des sorties de liquidités rapides peuvent épuiser même d’importants coussins de réserves. La BNS juge donc essentiel que les banques disposent de suffisamment de garanties mobilisables pour obtenir, si nécessaire, un soutien en liquidités de sa part ou d’autres banques centrales.

L’institut pointe également le poids croissant des intermédiaires financiers non bancaires (fonds de placement, caisses de pension, assurances) dans le système financier suisse. Leurs actifs sont « considérables » et représentaient, fin 2025, 554% du PIB du pays. Ces acteurs sont fortement liés à UBS, en raison de sa taille et de son envergure internationale.

ams avec ats