Fonds en baisse pour l’AI et résultat de répartition négatif dès cette année pour l’AVS: les perspectives pour ces assurances sociales sont sombres, selon les données actualisées jeudi par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS).
La situation financière de l’assurance invalidité (AI) se détériore nettement et glisse vers une situation critique, a averti la directrice de l’OFAS Doris Bianchi devant les médias. Selon le scénario de référence actualisé, la fortune de l’AI devrait être entièrement épuisée dès 2031.
L’année passée, le déficit de répartition, soit la différence entre les recettes et les dépenses sans les placements, s’élevait à 209 millions de francs. Il devrait atteindre près de 300 millions de francs cette année et environ 600 millions de francs d’ici 2030.
Il faut ajouter à ce chiffre les intérêts de plus de 200 millions de francs que l’AI doit verser chaque année à l’AVS. Le déficit devrait donc être de 800 millions de francs en 2030 et de 1,2 milliard cinq ans plus tard.
La fortune de l’AI se situait en 2025 à environ 17 points de pourcentage en dessous du seuil minimal prévu par la loi, qui est de 50% des dépenses annuelles. Et elle continue de diminuer régulièrement.
Freiner les nouvelles rentes
Cette situation financière critique est due à l’augmentation continue des nouvelles rentes. Les maladies psychiques graves représentent environ 35% de nouveaux cas, contre 31% un an auparavant, a souligné Florian Steinbacher, vice-directeur de l’OFAS. Cette hausse est observée dans toutes les tranches d’âge. Mais elle est plus marquée chez les 18-24 ans et les 60-64 ans.
L’an dernier, l’AI a enregistré 25’200 nouvelles rentes attribuées pour un total de 233’843. Plus de la moitié de ces rentes sont versées en raison de maladies psychiques, a précisé Florian Steinbacher. Le scénario de référence de l’année dernière tablait sur environ 23’000 nouvelles rentes.
La réforme d’intégration de l’AI sera avancée. La consultation débutera cet automne et devrait permettre de gagner un an. Des mesures doivent être prises pour stabiliser la situation financière de l’AI et garantir ses liquidités.
Par ailleurs, la hausse des nouvelles rentes doit être freinée, en particulier chez les jeunes, notamment grâce à une prestation d’intégration. Ces mesures doivent entrer en vigueur en 2030, soit avant que le fonds ne soit totalement épuisé, a encore indiqué le vice-directeur de l’OFAS.
L’influence de la 13e rente AVS
Le fonds AVS baisse aussi plus vite qu’attendu principalement en raison d’une faible croissance de l’emploi. L’introduction de la 13e rente AVS dès décembre influence également les perspectives financières du premier pilier.
A l’heure actuelle, cette prestation supplémentaire n’est pas financée. Cela entraîne une augmentation significative du déficit de répartition. Les chiffres devraient passer de 1,3 milliard en 2026 à 4,9 milliards en 2035.
ats/gma