« Pendant cinq ans, je n’ai rencontré aucun problème. Puis, soudainement, mon dossier est réapparu. Aujourd’hui, chacun de mes déplacements est contrôlé, aussi bien lorsque je quitte la Belgique que lorsque j’y reviens », explique le musicien.
Au-delà des désagréments personnels, Quentin Dujardin évoque les conséquences professionnelles de ce signalement. « Les agents avec lesquels je travaille à l’étranger hésitent désormais à programmer mes concerts. Ils craignent que je ne puisse plus embarquer ou franchir les contrôles. Pour un artiste qui vit des tournées, c’est un véritable préjudice… »
Avec son avocat, il entend obtenir des réponses sur les raisons de son fichage et sur l’utilisation de ses données personnelles.
« Je veux savoir ce que la Sûreté de l’État fait avec les informations qu’elle collecte à notre insu. Et s’il faut aller jusqu’au bout de la procédure, j’irai. Comme pour Crupet, nous allons secouer le cocotier… »
La Ligue des droits humains s’associe
La Ligue des droits humains voit dans cette affaire un cas emblématique d’un problème plus large. Selon sa porte-parole, plus de trois millions de personnes figurent dans la banque de données nationale générale (BNG), souvent sans en être informées et sans disposer d’un recours effectif pour contester leur inscription. L’association rappelle que la Cour de justice de l’Union européenne a déjà condamné la Belgique pour le manque de transparence de son système de fichage et pour l’absence de voies de recours conformes au droit européen.
Une scène dans son jardin à Les Avins
En parallèle de sa bataille judiciaire, Quentin Dujardin poursuit son activité artistique. Le traumatisme du concert interdit de Crupet l’a même conduit à créer une scène permanente dans son jardin, baptisée. Baptisée « L’Œil du Condroz », elle accueillera dans quelques jours la quatrième édition du festival Guitares du monde, ces prochains 31 juillet, 1er et 2 août 2026. Une dizaine de concerts y réuniront des guitaristes venus d’horizons musicaux variés devant près d’un millier de spectateurs attendus.
« Mon métier, c’est simplement de partager ma guitare et la musique avec le public. Je me suis dit que si l’on pouvait m’interdire de jouer ailleurs, autant créer chez moi un lieu où la musique serait toujours la bienvenue », conclut-il avec le sourire.