En Suisse, les ministres du culte ne sont plus exemptés du service militaire. Le Conseil fédéral a supprimé une disposition dérogatoire prévue à cet effet dans la loi sur l’armée. Neuf personnes sont concernées par cette modification, entrée en vigueur début juin.

Le travail des responsables religieux n’est désormais plus considéré comme une « activité indispensable au maintien de la vie sociale », a indiqué l’armée suisse, confirmant une information publiée jeudi dans les journaux du groupe CH Media, dont l’Aargauer Zeitung.

La sécularisation croissante est à l’origine de cette modification législative. L’armée a en outre précisé que l’obligation de service militaire est aujourd’hui souvent remplie avant même qu’un pasteur ait achevé sa formation.

Une réforme discrète

La suppression de cette dérogation n’a pas fait l’objet de discussions dans le cadre du processus politique. Plusieurs membres de la Commission de la politique de sécurité contactés par la RTS ont confié n’avoir aucun souvenir d’avoir débattu de la question, alors qu’un vote a eu lieu en décembre dernier pour abroger l’article de loi.

La fin de cette exception pour les ministres du culte était cachée au milieu d’une grande réforme de l’armée proposée par le Conseil fédéral et les élus ne se sont pas attardés sur la question lors des travaux parlementaires.

Les Eglises n’auraient ni été informées ni consultées au moment de l’élaboration de la loi. L’armée a justifié cette décision en indiquant qu’un faible nombre de militaires sont concernés. L’Eglise évangélique réformée de Suisse s’est dite « très irritée » par cette manière de procéder. Du côté catholique, la Conférence des Evêques suisses « regrette » de ne pas avoir été informée avant la réforme.

Neuf religieux concernés

Neuf personnes ont été directement concernées par la suppression de cette exemption de servir, parmi lesquelles des pasteurs ainsi que des membres de confréries et de monastères. Par la suite, l’armée a informé par écrit les militaires concernés et les a réaffectés à leur fonction militaire initiale.

Quatre de ces neuf personnes ont déjà pris contact avec l’armée, a indiqué celle-ci. Il s’agit de pasteurs et de personnes appartenant à une confrérie ou à un monastère. Quiconque dispose des qualifications requises peut postuler pour un poste au sein de l’aumônerie militaire.

Selon l’armée, seules quelques personnes ont fait usage de la dispense de service valable jusqu’à fin mai, ce qui permet de supposer que la modification législative ne concerne qu’un petit nombre de personnes.

Sujet radio: Philéas Authier

Texte web: gma avec ats