La nouvelle exposition « Les couleurs de Jean Vilar » est à découvrir au musée Paul-Valéry à Sète, du 2 juillet au 8 novembre.
Alors que la majorité des photos de Jean Vilar sur scène prises par Agnès Varda, sont en noir et blanc, le musée Paul-Valéry, à Sète, a décidé de présenter son travail en couleurs, par le prisme de peintres qui ont travaillé avec lui tout au long de sa carrière.
Une fois les portes du musée passées, il faut se rendre à l’étage pour enfin découvrir Les couleurs de Jean Vilar. Dès le début de l’exposition les visiteurs sont plongés au milieu des tableaux de différents peintres, réalisés avant qu’ils ne travaillent en étroite collaboration avec Jean Vilar. Pour la majorité de ces peintres, la rencontre avec le metteur en scène s’est faite lors d’une exposition en 1941, celle des Jeunes peintres de traditions françaises, organisée par Jean Bazaine. L’exposition du musée Paul-Valéry est ensuite divisée en différentes salles pour partir à la rencontre des univers divers et variés de ces peintres qui ont entouré Jean Vilar à travers des peintures, dessins et costumes. Grâce à ce parcours l’impact de la peinture dans l’œuvre du fondateur du Festival d’Avignon y est plus flagrant.
Déambulation dans les univers des peintres qui ont accompagné Jean Vilar
« Son conseiller principal » et celui pour lequel le musée a réservé une grande salle, Léon Gischia a travaillé sur plus de trente mises en scènes avec Jean Vilar, aussi bien sur les décors que sur les costumes. Son rôle a été très important puisque c’est grâce à lui que le comédien s’est tourné vers l’abstraction, la forme de mise en scène la plus simple : sans grands décors, mais plutôt avec des suggestions de lieux. « Le théâtre de Jean Vilar devient une peinture en mouvement. Le décor ne porte plus de couleurs, ce sont les costumes qui les ont. On est dans une peinture dynamique », explique Camille Bertrand-Hardy la directrice du pôle des musées de Sète.
Les visiteurs rencontrent ensuite les œuvres beaucoup moins minimalistes d’Edouard Pignon. Ce dernier a réintroduit les peintures sur les toiles de fond de scène. La visite se poursuit avec le burlesque de Jacques Lagrange. Puis le dialogue entre le noir, le blanc et les couleurs sonores de Mario Prassinos. Ils passent ensuite par l’impact du sud dans les œuvres solaires de Gustave Singier, et découvrent enfin Alfred Manessie. Celui-ci travaillera sur une unique œuvre avec Jean Vilar : La vie de Galilée et sa centaine de costumes.
Après cette déambulation entre toiles, tapisseries, dessins et costumes l’exposition se mêle à des collections permanentes du musée qui concernent des proches de Jean Vilar. Il est possible de contempler les œuvres de François Desnoyer (qui a fait partie de l’exposition de 1941), devenu grand ami du couple Vilar, et celles de l’épouse du comédien, Andrée Vilar.
Les œuvres exposés viennent de la maison de Jean Vilar d’Avginon, de différents musées, de la collection du musée Paul-Valéry et de privés.