« Pas de photo pendant la visite de l’usine. » Alors qu’on enfilait notre attirail de sécurité avant la visite d’Amcor, entreprise de plasturgie de La Genête, cette consigne a été donnée par le patron des lieux. Évidemment, on ne pouvait pas se plier à une telle exigence : comment parler d’une entreprise sans en montrer une seule image ? La négociation qui a suivi a abouti à un compromis : un droit de regard sur les clichés pris pendant la visite. Pas l’idéal pour nous, mais ça peut se comprendre. Il y a des secrets industriels à préserver.

Le problème, c’est que ces restrictions sont récurrentes, et dans bien d’autres domaines. Une activité à l’école où on ne peut photographier les enfants que de dos, faute d’autorisation. Un gendarme qui, par excès de zèle, nous empêche d’accéder à un accident. Ou encore, les productions des artistes des Nuits bressanes (qui commencent ce vendredi) habituées des exigences déraisonnables, comme la validation de nos photos avant parution (et là, il n’y a aucun secret à divulguer et des milliers de témoins)…

La photo interdite d’une pelleteuse

Cette obsession du contrôle peut parfois aller jusqu’à l’absurde. On a souvenir par exemple d’un reportage en 2014 sur des travaux sur l’aire du poulet de Bresse de l’A39. On a pris une simple photo d’un engin de chantier en action… Message dans la foulée d’une responsable de la communication, interdisant la publication de l’image et réclamant l’envoi de l’article avant parution pour double ou triple relecture (on ne sait plus). Oui, tout ça pour la photo d’une pelleteuse. Épuisant.