Un mois après le lancement du nouveau système du SECO pour les indemnités chômage, les dysfonctionnements persistent. Les chômeurs inscrits depuis plusieurs mois voient leur situation se normaliser, mais pour les nouveaux arrivants, rien n’est encore réglé. Un collectif d’employés des caisses de chômage évoque un logiciel défaillant.

Gloria et Stéphane (prénoms d’emprunt) sont au chômage depuis fin 2025. Ils font face aux ratés du nouveau système du SECO et racontent leur expérience.

Plusieurs fois, ils ont transmis, en ligne et de main à main à leur caisse de chômage, des documents pour compléter leur dossier. Mais le système continue de leur signaler qu’il manque des pièces, toujours les mêmes. « On comprend les problèmes techniques, mais on a l’impression de tourner en rond. On a vraiment la sensation d’être laissés à l’abandon », confie Gloria lundi dans le 19h30 de la RTS.

Et pour Stéphane, le suivi est lui aussi laborieux: « Quand on envoie des courriers à travers la plateforme, il faut quand même rappeler le lendemain pour être sûr qu’il est bien arrivé ». Selon eux, souvent, ce n’est pas le cas. « On ne devrait pas arriver à une situation où un dossier est considéré comme traité par le système alors qu’en fait il manque des documents et donc il n’a pas été clôturé correctement », ajoute-t-il.

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Les employés pointent des problèmes structurels

À l’autre bout du système, de nombreux employés des caisses de chômage confirment ce constat. Un collectif d’employés et gestionnaires a dressé une liste des problèmes rencontrés, mettant notamment en avant « une lecture des documents inefficace ».

Plus globalement, l’outil est critiqué pour avoir été mal pensé. Plusieurs employés dénoncent des procédures redondantes et chronophages.

Une employée témoigne au micro de la RTS: « Avant, on créait le dossier, on rassemblait toutes les pièces et informations, et on téléchargeait d’un coup. Là, on doit télécharger pièce après pièce et valider à chaque information: ça nous prend un temps fou. Parfois 10 à 15 fois plus de temps qu’avant ».

Si certains bugs de janvier se sont résorbés, c’est désormais une inadéquation par nature du logiciel que pointent de nombreux employés. 

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Face à ces critiques, le SECO nie tout problème structurel, mais admet des soucis qui repoussent le retour à la normale.

« Aujourd’hui, on a deux problèmes. D’une part, un problème technique: la vitesse », admet Jérôme Cosandey, chef de la Direction du travail au Secrétariat d’Etat à l’économie. « La performance du système n’est encore pas celle que nous avions planifiée. » A l’en croire, toutefois, le processus entier est faisable avec un temps comparable à l’ancien système.

« Et puis, à cause des problèmes qu’on a eus au mois de janvier, on a effectivement des retards, des dossiers qui se sont empilés. Et là, il faut mettre les bouchées doubles pour pouvoir réduire ces délais », détaille le responsable.

Matthieu Hoffstetter