La Ville de Lausanne est bien décidée à se retourner contre l’entreprise responsable de la pollution du Léman au 1,2,4-triazole. Une substance déversée durant plus de 10 ans dans le Rhône, sur le site chimique de Syngenta à Monthey.
La Ville de Lausanne a annoncé mardi avoir mandaté une avocate renommée en droit de l’environnement pour défendre ses intérêts face à Syngenta. L’entreprise, basée à Monthey, a reconnu être responsable de la pollution du Léman au 1,2,4-triazole et a pris des mesures pour stopper ses rejets. Il faudra toutefois de nombreuses années pour que la substance disparaisse du Léman.
Cette substance utilisée comme matière première dans l’industrie chimique, notamment pour la fabrication de médicaments et de différents pesticides, est désormais présente sept fois au-delà des normes dans l’eau potable pompée dans le lac.
Pas de danger
Si un seuil légal est dépassé, cette eau peut cependant être consommée sans danger, selon une récente étude du Centre suisse de toxicologie humaine appliquée.
>> Revoir le sujet du 19h30 :
La présence de 1, 2, 4 triazol dans l’eau potable ne représente aucun risque / 19h30 / 2 min. / le 17 octobre 2025
>> Lire à ce sujet : Le triazole dans le Léman ne présente pas de risque pour la santé, confirme une étude
D’autres distributeurs se joignent à la démarche
En attendant que le produit disparaisse, les distributeurs d’eau vont devoir trouver le moyen d’appliquer la norme fédérale de 0,1 microgramme par litre au prix de mesures très coûteuses. Pour le municipal lausannois Pierre-Antoine Hildbrand, ce n’est pas au contribuable de passer à la caisse.
La Ville de Lausanne a donc obtenu la qualité de partie au dossier, ajoutant un œil critique à cette procédure qui permettra peut-être, à terme, un dépôt de plainte. Une majorité d’autres distributeurs d’eau potable se sont joints à la démarche.
Sujet radio: Carole Pantet
Adaptation web: Julien Furrer