Héroïque dans la cage face à l’Allemagne en 16ᵉˢ de finale, Orlando Gill a mis en échec les attaquants de la « Mannschaft » pendant 120 minutes.Le gardien sud-américain, devenu un héros national au Paraguay, fait preuve d’une résilience incroyable.Il y a encore deux ans, il vendait tout ce qu’il possédait pour sauver son fils, gravement malade.

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Dans le Gillette Stadium de Boston, en 16ᵉˢ de finale du Mondial, l’Allemagne se retrouve au pied du mur. Nick Woltemade s’avance face à Orlando Gill, immense dans sa cage (1,99 m). Le gardien paraguayen, qui occupe tout l’espace, plonge de tout son long pour repousser la tentative d’une main ferme. Derrière, le tireur suivant de la Mannschaft échoue à son tour : pour la première fois en 92 ans de participation à la Coupe du monde, les quadruples champions du monde s’inclinent aux tirs au but.

Grâce à son nouveau héros, le digne héritier de la légende José Luis Chilavert, l’Albirojja retrouve, elle, les 8ᵉˢ de finale du tournoi, vingt-six ans après sa défaite face aux Bleus sur un but en or de Laurent Blanc. Un exploit d’autant plus remarquable au regard du parcours singulier d’Orlando Grill.

D’abord utilisé comme attaquant, le natif de San Lorenzo se voit enfiler les gants et replacé dans les buts par son entraîneur à l’âge de 13 ans. « Au début, c’était assez difficile et je me suis même demandé ce que je faisais là. Mais il n’y avait plus de retour en arrière possible. Je séchais les cours pour aller m’entraîner et ma mère me grondait », plaisantait-il dans une interview accordée au journal argentin La Nación (nouvelle fenêtre)

Son fils avant le football

L’ascension d’Orlando Gill ne se fait pas sans obstacle. La naissance de son fils, Lautaro, est suivie de graves complications médicales. Hospitalisé en soins intensifs, le nouveau-né engage un long combat pour sa survie. Pour le gardien, le football passe alors au second plan : sa priorité devient de subvenir aux besoins très coûteux de son enfant.

Sur Instagram (nouvelle fenêtre), son épouse Melissa Avalos raconte avec beaucoup d’émotion : « C’est une véritable folie ce que nous vivons. Après tant de sacrifices… Merci de ne pas avoir baissé les bras. Nous avons littéralement tout vendu. Le plus important était de payer nos dettes et les soins de notre fils. » 

Orlando Grill vend notamment tous ses maillots, y compris le seul qu’il a porté avec la sélection nationale des moins de 20 ans, ses chaussures et tous les équipements du CS San Lorenzo, club paraguayen dans lequel il évoluait alors. Après la qualification historique contre l’Allemagne, au micro de la radio 780AM Paraguay, la jeune femme a assuré qu’il y a encore deux ans, le couple « n’avait rien à manger ».

Dans le club préféré du pape François

Début 2024, Orlando Gill et sa famille font leurs valises pour l’Argentine. Le gardien, toujours en grande difficulté financière, signe au CA San Lorenzo de Almagro. Dans le club de cœur du regretté pape François, décédé en 2025, ses débuts ne se déroulent pas comme prévu : relégué en réserve, le portier patiente dans l’ombre. Il lui faut attendre quelques mois pour qu’il finisse par s’imposer dans les cages.

Très vite, Orlando Gill enchaîne les performances et s’affirme comme l’un des meilleurs gardiens du championnat argentin. Avec lui, son club atteint les demi-finales du tournoi d’ouverture. Ses prestations lui ouvrent en mars 2026 les portes de l’Albirojja, la sélection paraguayenne, juste avant le Mondial. Une montée en puissance qu’il confirme depuis le début de la Coupe du monde : avec 17 arrêts en phase de groupes et une présence rassurante pour ses coéquipiers.

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Désormais, son fils va mieux, après de longs mois de combat face à la maladie. De quoi libérer Orlando Gill, qui a retrouvé toute sa confiance et une nouvelle stabilité. Désormais installé dans la cage du Paraguay, il aborde ce choc face à la France avec assurance. L’armada tricolore est prévenue.

Geoffrey LOPES