Au début de la session du Conseil des droits de l’homme lundi à Genève, le secrétaire général de l’ONU a dénoncé l’érosion de l’Etat de droit par le recours à la force. Les droits humains sont souvent attaqués par « ceux qui ont le plus grand pouvoir », a dénoncé Antonio Guterres.

« Les droits humains font face à une attaque totale dans le monde », a affirmé le Portugais pour son dernier discours devant cet organe. Dans un an, un successeur ou une successeure s’exprimera à sa place pour ouvrir la session du Conseil.

Ces assauts contre le droit « ne sont pas menés par surprise », a insisté le secrétaire général de l’ONU. « Ils ont lieu devant tout le monde » et parfois avec « fierté » par ceux qui en sont responsables, selon lui. « Ne laissez pas cette érosion des droits humains être le prix de l’opportunisme politique » ou des tensions internationales, a-t-il ajouté dans son message aux Etats membres.

>> Relire : Il se passe quelque chose de grave non seulement pour les droits de l’Homme, « mais pour le droit tout court »

Cette 61e session est légèrement raccourcie, en raison des coupes budgétaires qui frappent l’ONU. Le Conseil des droits de l’homme – créé il y a vingt ans – compte actuellement 47 membres. Plusieurs pays se sont retirés l’an dernier comme les Etats-Unis, Israël et le Nicaragua.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors de la 61e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, le 23 février 2026 [© KEYSTONE / VALENTIN FLAURAUD - VALENTIN FLAURAUD] Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’exprime lors de la 61e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, le 23 février 2026 [© KEYSTONE / VALENTIN FLAURAUD – VALENTIN FLAURAUD] Critique de la course au pouvoir

Après Antonio Guterres, le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a renchéri, s’en prenant à nouveau au président américain Donald Trump et à ses offensives déclamatoires, sans le nommer. « Des menaces incandescentes sont jetées contre des nations souveraines, sans considération pour l’incendie qu’elles pourraient allumer », a mis en garde l’Autrichien.

Et de déplorer une concurrence « sans précédent » depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour le « pouvoir », le « contrôle » et « les ressources ». Volker Türk a répété ses demandes de cessez-le-feu en Ukraine et son inquiétude d’une possible extension des actes équivalant à des crimes contre l’humanité au Soudan.

Il doit cibler vendredi dans un autre discours au Conseil un certain nombre de situations problématiques pour les droits humains.

« Nous ne pouvons pas tout faire », selon Ignazio Cassis

Il faut aussi « concentrer nos efforts là où les droits sont les plus menacés », a souligné de son côté le conseiller fédéral en charge du Département fédéral des affaires étrangères Ignazio Cassis dans son discours. Face à des attentes qui semblent « illimitées », « nous ne pouvons pas tout faire », a-t-il insisté. La Suisse veut un recentrage sur la protection des individus et les libertés fondamentales.

Contenu externe

Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.

Accepter Plus d’info

Lundi à Genève, Antonio Guterres a aussi réaffirmé l’importance des experts indépendants, après que son entourage s’est distancié de la rapporteuse spéciale sur les territoires palestiniens Francesca Albanese. Des pays, dont la France, demandent la démission de l’Italienne pour des déclarations contre Israël qu’elle n’a pas prononcées.

Antonio Guterres devrait s’exprimer également mardi devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York sur les quatre ans de guerre en Ukraine. « Le moment est plus que venu de mettre un terme » au conflit, a-t-il aussi affirmé lundi.

lia avec ats