La chanteuse franco-israélienne Yael Naim a publié le 20 février son septième album intitulé « Solaire ». Un projet qui marque une transformation artistique, où elle explore sa dualité entre ombre et lumière, mêlant des sons électroniques et orchestraux. Elle sera en tournée en Suisse romande au mois de mai.
Yael Naim, qui a été révélée il y a près de vingt ans avec une chanson artisanale nommée « New Soul » devenue tube mondial, tente aujourd’hui de se réinventer dans un septième et nouvel album autoproduit baptisé « Solaire ». Un enregistrement dans lequel elle a éprouvé le besoin de trouver une nouvelle liberté artistique, une nouvelle lumière électro-pop.
Un titre loin d’être innocent, comme l’explique la chanteuse franco-israélienne dans l’émission Vertigo du 17 février: « Quand j’étais plus jeune, on me décrivait souvent comme ‘lumineuse’ ou ‘solaire’. Mais j’avais du mal avec ces mots, car ils semblaient me réduire à quelque chose de superficiel, m’empêchant d’exprimer ma colère ou mes désaccords ».
Métamorphose musicale et personnelle
À travers cet album, Yael Naim raconte avoir voulu « faire la paix » avec cette facette solaire de sa personnalité, tout en explorant ses zones d’ombre. « Avec le temps, je pensais qu’être cool c’était être sombre, avant de comprendre peu avant mes quarante ans que cette lumière en moi était aussi une forme de puissance que je m’empêchais d’avoir. Le soleil peut te brûler, mais c’est aussi le feu qui nous fait vivre », confie-t-elle.
« Solaire » marque également une évolution musicale. Yael Naim y mêle des sonorités électroniques à des arrangements orchestraux, créant un univers à la fois intime et expansif. « À la fin de l’écriture de mon précédent album ‘Nightsongs’, le morceau ‘Blame’ est né et a donné le ton avec des sonorités électro très organiques et des synthétiseurs modulaires. Et tout de suite, j’ai su que c’était autre chose, une nouvelle direction, raconte-t-elle. J’avais besoin de cet espace, aussi bien dans ma vie que dans ma musique. Ce nouvel album est une libération, une exploration de ce que je suis vraiment, sans me soucier des attentes des autres. »
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« C’est un album bipolaire »
Yael Naim est parvenue sur « Solaire » à réconcilier des morceaux traitant de choses profondes, mais avec légèreté avec d’autres titres plus graves et lourds. Le répertoire oscille ainsi entre lumière électro-pop et introspections mélancoliques, reflétant cette quête d’équilibre.
On l’entend ainsi rapper presque à la façon d’Aya Nakamura et avec beaucoup d’autodérision sur « La fille pas cool » dont elle signe le clip vidéo avec des images d’elle à plusieurs époques, mais on l’entend aussi très vulnérable et émouvante sur « When We Go To Bed » qui évoque la mort de son père qui l’avait fortement soutenue dans son parcours musical ou faire penser à Billie Eilish sur « Dream ». « C’est un album bipolaire, un mélange de forces opposées, mais qui coexistent en harmonie », estime Yael Naim.
J’suis pas la fille qui ose/ J’suis pas la fille qui pose/ Pas la fille qui fait rire/ Pas de grande chose à dire/ Pas la fille à la mode/ Jamais compris les codes/ Pas vraiment de conviction/ Quelques bêtes addictions…
Yael Naim, « La fille pas cool »
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« J’ai voulu jeter toutes les étiquettes »
L’artiste aborde également les étiquettes qui lui ont été collées au fil des années. « Avec le titre ‘Blame’, j’ai justement voulu jeter toutes ces étiquettes, arrêter de blâmer le monde extérieur pour ce qui m’arrive et reconnaître que certaines choses viennent de moi. C’était un processus de guérison et libération intérieure », confie-t-elle. Ce cheminement l’a amenée à embrasser une nouvelle manière de produire et de chanter, en osant des choses qu’elle n’avait jamais faites auparavant.
« Chaque chanson de cet album avec des mots aussi beaucoup plus durs et crus est une étape de ce processus. Avec des morceaux comme ‘Solaire’, ‘Dream’ ou ‘Rabbit Hole’, j’ai voulu mélanger des sonorités électro avec des instruments classiques comme des clarinettes, des saxophones ou des cordes, pour créer une couleur unique. »
Olivier Horner
Yael Naim, « Solaire » (Mouselephant). Paru le 20 février 2026.
En concert au Corbak Festival, La Chaux-du-Milieu, le 22 mai; Théâtre du Jura, Delémont, le 27 mai et Théâtre de Vevey, le 28 mais 2026.