Encore peu étudié, le relief des fonds des lacs peut pourtant nous livrer des informations capitales pour prévenir les catastrophes naturelles. C’est dans cette optique qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Berne s’est intéressé au lac d’Oeschinen.
Au cœur de l’Oberland bernois, l’équipe de recherche étudie la topographie du fond de l’Oeschinensee à l’aide d’un échosondeur. Cette technique, utilisée jusqu’alors exclusivement sur les océans, envoie une onde sonore au fond du lac.
« En mesurant le temps que cette onde met pour y aller et revenir, on arrive à déterminer où se situe le fond du lac », explique dans le 19h30 Gaétan Sauter, doctorant en géologie à l’Université de Berne. « On a des centaines et des centaines d’échosondeurs qui sont combinés. Cela fait une sorte d’éventail et avec ça, on arrive à peindre, en quelque sorte, le fond du lac et obtenir un modèle. »
>> Les explications dans le 19h30 :
Les fonds des lacs suisses dévoilent leurs secrets / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 Outil de prévention
Prévention des catastrophes naturelle, navigation ou encore gestion de l’eau: connaître le fond de nos lacs est essentiel pour mieux nous protéger. Pourtant, alors que la Suisse a cartographié ses montages, ses vallées et ses plaines dès le 19e siècle, le relief des fonds lacustres est resté longtemps méconnu. Depuis 2010, grâce aux techniques modernes, on sait par exemple, que d’énormes cratères sont présents au fond du lac de Neuchâtel.
Dans le Léman, les traces d’un immense glissement de terrain sous-lacustre, qui a probablement généré un tsunami, ont été identifiées. Aujourd’hui, selon les chercheurs, un tel tsunami pourrait se produire à Oeschinen et pourrait même atteindre le village de Kandersteg.
« Il faudrait d’abord modéliser la vague, mais, en théorie, ce n’est pas exclu », affirme Michael Strupler, docteur en géologie à l’Université de Berne. Les mesures récoltées doivent permettre d’en évaluer l’ampleur si cela devait arriver.
Marion Tinguely/edel