Chaque année, près de 160 000 prothèses de hanche sont posées en France. Une étude révèle que l’utilisation d’une prothèse totale de hanche à double mobilité pourrait réduire de 70 % le risque de luxation, l’une des complications les plus redoutées après l’opération.
Enre 140 et 160 000 prothèses totales de hanche sont implantées chaque année en France, principalement chez des personnes souffrant d’arthrose ou après une fracture du col du fémur. Cette intervention permet le plus souvent de retrouver une bonne mobilité, mais une complication reste particulièrement redoutée : la luxation, qui arrive lorsque l’articulation artificielle se déboîte.
Une équipe de chercheurs de l’université d’Uppsala, en Suède, et de la Queen Mary University de Londres affirme avoir trouvé un moyen de réduire nettement ce risque. Une étude sur près de 1600 patients00759-2/fulltext) de 5 ans et plus, montre qu’une nouvelle prothèse de hanche à double mobilité diminue de 70 % le risque de luxation au cours de la première année suivant l’opération.
Une prothèse qui améliore la stabilité de l’articulation
Ce nouveau type de prothèse de hanche repose sur un principe relativement simple. Elle associe une petite tête métallique enfermée dans une sphère en plastique plus grande. Cette conception améliore la stabilité de l’articulation et limite le risque qu’elle sorte de son logement. Pour vérifier son efficacité, les chercheurs ont suivi les patients pris en charge dans 44 hôpitaux en Suède et au Royaume-Uni après une fracture déplacée du col du fémur. Les participants ont reçu, de façon aléatoire, soit une prothèse classique, soit une prothèse à double mobilité.
Un an après l’intervention, seuls 1,3 % des patients équipés du nouvel implant avaient subi une luxation, contre 4,2 % chez ceux ayant reçu une prothèse traditionnelle. Les chercheurs ont également observé une diminution du nombre total de complications chirurgicales. En revanche, aucune différence n’a été constatée entre les deux groupes concernant les infections de la prothèse, la mortalité ou la qualité de vie au cours de la première année.
Une innovation qui ne modifie pas la pratique du chirurgien
Le professeur Nils Hailer, chirurgien orthopédique à l’hôpital universitaire d’Uppsala, et principal auteur de l’étude, rappelle que « lorsqu’une prothèse de hanche se luxe, la douleur est extrêmement intense. Les patients doivent alors être endormis ou subir une nouvelle intervention pour remettre l’articulation en place. Une fois qu’une luxation s’est produite, la qualité de vie s’en trouve altérée, car les patients peuvent ne plus avoir confiance dans leur prothèse. »
L’un des principaux atouts de cette nouvelle prothèse est qu’elle ne nécessite pas de modifier les pratiques des chirurgiens puisqu’elle ne requiert ni nouvelle technologie ni formation supplémentaire. « Les chirurgiens connaissent déjà ces deux types d’implants, ce qui signifie que ce changement pourrait être mis en œuvre immédiatement dans la pratique actuelle » soulignent les chercheurs. Même si ce type d’implant est aujourd’hui plus coûteux qu’une prothèse classique, les chercheurs estiment que la baisse du nombre de complications pourrait compenser ce surcoût.
Source : Dual mobility versus standard cups in total hip replacement for displaced femoral neck fractures (Duality): an international, multicentre, randomised, controlled, superiority trial, The Lancet, juillet 2026