Les Bourses asiatiques hésitaient lundi, sans grande direction après les montagnes russes des valeurs tech la semaine dernière et la fermeture de Wall Street vendredi, tandis que les cours du pétrole montaient légèrement malgré un nouveau relèvement de l’offre de l’Opep+. Vers 04H30 à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei perdait 1,18% à 68.919 points et l’indice élargi Topix gagnait en revanche 0,18% à 4.071 points. À Séoul, l’indice Kospi lâchait 2,23%. Taipei en revanche grimpait de 0,20%, Sydney était stable, l’indice hongkongais Hang Seng gagnait 1,08%.
La nervosité habitait des marchés aux fortunes contrastées, sans indication claire venant de Wall Street en raison d’une fermeture vendredi pour cause de fête nationale. «Le marché américain étant resté fermé sur la dernière séance, le marché japonais devrait manquer de direction claire faute de nouveaux éléments pour s’orienter», commentaient les experts du courtier nippon Monex. En Corée du Sud, les valeurs liées aux semi-conducteurs reprenaient leur souffle, après avoir enchaîné la semaine précédente dévissage spectaculaire et vigoureux rebond, sur fond d’interrogations face aux folles valorisations du secteur. La Bourse de Séoul avait terminé vendredi en hausse de 5,8% après s’être effondrée d’environ 8% jeudi.
Toujours vers 4h30, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,55% à 69,06 dollars, et celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,25% à 72,30 dollars. Le marché digérait la décision prise dimanche par l’Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l’Opep+ de relever à nouveau leurs quotas de production de pétrole, sur fond de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz. «L’Opep+ a convenu du cinquième mois consécutif de hausse du volume de production. Les cours du brut ont déjà retrouvé des niveaux proches de ceux observés avant le déclenchement des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, et alors que les tankers commencent progressivement à transiter par Ormuz, la situation suscite une attention particulière», observent les experts de Monex.
La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l’Iran a bloqué les exportations des pays du Golfe depuis plusieurs mois, les forçant à réduire leur production. Depuis la signature du protocole d’accord irano-américain le 17 juin, la navigation dans la région donne des signes d’amélioration. Les cours du pétrole ont fortement baissé, revenant à des niveaux comparables à ceux d’avant la guerre, les marchés anticipant un retour progressif à la normale. L’approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même déjà dépassé les 10 mb/j, selon un responsable américain cité par l’agence Bloomberg. Mais le pétrole transitant actuellement par le détroit d’Ormuz est celui qui a été stocké à bord des navires ou dans les cuves, «la production interrompue met du temps à redémarrer», selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
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Le Yen au plus bas depuis 1986
La monnaie japonaise glissait de 0,3%, à 161,80 yens pour un dollar. Elle reste sous pression après être tombée mercredi à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986. Le yen pâtit de l’écart entre les taux d’intérêt américains et japonais, le marché misant sur de nouveaux durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed) plus tard cette année. «Cependant, la publication de statistiques sur l’emploi américain inférieures aux attentes du marché a conduit le marché à modérer ses prévisions de hausse des taux à court terme, favorisant ainsi un raffermissement du yen», insistent les experts de Monex.
Désormais, «les investisseurs examineront attentivement le compte rendu de la réunion de juin de la Fed pour déceler des indices sur la tolérance des décideurs face à l’inflation et sur le seuil requis pour un nouveau durcissement monétaire», complètent les analystes de Sandard Chartered. Mais, préviennent-ils, le yen devrait rester sous pression, notamment «après que les données définitives de la confédération syndicale Rengo au Japon ont révélé une hausse des salaires de 5,01%, ce qui pourrait réduire la pression sur la Banque du Japon pour qu’elle durcisse davantage sa politique». Pour autant, les opérateurs continuent de guetter une possible intervention des autorités japonaises sur le marché des changes pour soutenir leur devise, alors que Tokyo s’était dit prêt à agir si nécessaire.