Les Suissesses et Suisses de l’étranger doivent-ils pouvoir bénéficier d’une assurance maladie en Suisse? Le débat refait surface au Parlement fédéral. Car si les personnes expatriées dans l’Union européenne, les pays de l’AELE ou encore au Royaume-Uni bénéficient d’accords de sécurité sociale, ceux qui s’en vont à l’autre bout du monde se retrouvent parfois en difficulté.

Lorsqu’ils n’ont pas droit à l’assurance publique de leur pays d’accueil, ces Suissesses et Suisses de l’étranger doivent conclure un contrat privé. Mais s’ils sont âgés ou qu’ils ont déjà eu des problèmes de santé, la prime peut devenir extrêmement chère. Dans le pire des cas, la couverture peut même leur être refusée.

Pour la conseillère aux Etats centriste Elisabeth Schneider-Schneiter, la Suisse doit trouver une solution pour ces expatriés et aurait tout intérêt à le faire: « Beaucoup de personnes âgées partent à l’étranger, car elles peuvent y vivre plus confortablement qu’avec leur retraite en Suisse. Ce sont justement ces personnes qui coûtent cher au système de santé. Si ces gens ne génèrent plus de dépenses ici et peuvent se faire soigner à moindre coût à l’étranger, c’est donc un avantage pour la Suisse », argumente la Bâloise dans La Matinale.

L’idée est aussi d’éviter que certains expatriés malades ne s’établissent provisoirement en Suisse pour se faire soigner aux frais de la LAMal avant de retourner vivre à l’étranger.

« La LAMal est liée au territoire »

Elisabeth Schneider-Schneiter appelle le Conseil fédéral à examiner un changement de système. Mais pour obtenir un rapport sur la question, elle aura besoin de l’aval du Parlement.

Ce n’est pas gagné. Pour l’UDC et le PLR, partir à l’étranger est un choix, il faut donc en assumer les conséquences. « Les gens qui vont garder leur assurance sont ceux qui présentent beaucoup de risques et vont coûter bien plus que ce qu’ils rapportent », soutient le conseiller national UDC Michaël Buffat. Il craint que les coûts de la santé ne s’en retrouvent augmentés.

L’élu vaudois estime également que le contrôle des prestations en dehors de nos frontières serait impossible.

« Je ne pense pas que la LAMal pourra aller dans tous les pays du monde, par exemple, pour contrôler les coûts. La LAMal est liée au territoire et non à la nationalité », fait-il valoir.

Il y a deux ans, la droite avait déjà torpillé une proposition similaire, à quelques voix près.

Marielle Savoy/ami