La station, qui émet sur la fréquence 107 FM depuis plus de 20 ans, a tenu ce samedi 27 juin à Rodez une assemblée générale qui a posé plusieurs jalons pour l’avenir : consolider le financement, monter en puissance sur le numérique et lutter contre les fractures sociales et idéologiques.
Les trois salariées, la cinquantaine de bénévoles et le président Pierre-Etienne Vampouille viennent tout juste de tourner la page sur une année radiophonique 2025 des plus prolifiques : 195 interviews, 17 reportages, neuf émissions en direct chaque semaine sans oublier 20 émissions musicales chaque semaine et une vingtaine d’autres créées avec les établissements scolaires.
Depuis plus de 20 ans, Radio Temps Rodez (RTR) émet sur la fréquence 107 FM à destination d’une audience moyenne de 15 000 auditeurs par semaine, de Baraqueville à l’Aubrac. Et si le travail de la radio associative se passe dans le studio de la rue des Frères de Turenne, à Rodez, beaucoup se joue également hors les murs. L’an passé, les équipes ont ainsi dispensé 201 heures de formation en éducation aux médias et oralité, touchant quelque 730 jeunes de 17 établissements scolaires.
Faire en sorte que les gens se parlent et s’écoutent
« La radio représente une partie de nos missions. Nous poussons fréquemment les portes des établissements scolaires, centres sociaux, Ehpad, associations ou structures d’accueil pour handicapés. On a autour de nous une vraie communauté », confirme le président Pierre-Etienne Vampouille. Pour lui, l’année écoulée a notamment été marquée par un vaste projet autour de l’insertion qui a abouti à la réalisation de 200 interviews pour « mettre en avant des actions locales faisant en sorte que les gens se parlent et surtout s’écoutent ».
Un temps menacée d’une réduction de ses financements, l’équipe est aujourd’hui rassurée sur ce point. Le financement du Fonds de soutien à l’expression radiophonique a été maintenu, et même revu à la hausse, passant à 70 000 € soit la moitié du budget de RTR. Les autres principaux soutiens financiers de l’association sont la ville de Rodez, son agglomération, Jeunesse et sports ou encore la région Occitanie.
Des ressources « ni garanties, ni croissantes »
De quoi aborder l’avenir avec une certaine sérénité, d’autant que les projets ne manquent pas. Ils ont été présentés lors de l’assemblée générale, répartis autour de trois grands axes : adaptation à un monde en mutation (numérique, intelligence artificielle, diffusion en réseaux, podcasts), maintenir les financements avec des ressources « ni garanties, ni croissantes » et, enfin, lutter contre des fractures sociales et idéologiques croissantes.
« Nous vivons dans une société fracturée, traversée par de la défiance, intoxiquée par les réseaux sociaux et leurs algorithmes. Beaucoup s’y forment une vision du monde à travers des contenus non vérifiés, des rumeurs amplifiées… L’outil radiophonique possède des atouts uniques pour relever ce défi », résume à ce sujet Pierre-Etienne Vampouille.