À 23 ans, Arthur Féry, le fils du président du FC Lorient, vit un rêve éveillé sur le gazon londonien, où il a vaincu l’Italien Flavio Cobolli en quarts de finale, sur le Centre Court mercredi.

Les médias britanniques le surnomment « King Arthur ». Kate Middleton est même venue assister à l’une de ses rencontres. Focus sur le plus Français des Britanniques, invité surprise du dernier carré de Wimbledon.

Féry est entré dans l’histoire du tennis britannique

La belle histoire de cette édition 2026 est devenue le premier invité britannique de l’histoire à atteindre les quarts d’un tournoi du Grand Chelem. Il avait commencé le tournoi au 114e rang du classement ATP et va intégrer pour la première fois le cercle des 100 meilleurs mondiaux grâce à son fabuleux parcours londonien (64e au minimum). En guerrier. Le petit britannique (1,75 m), a décroché un succès en quatre sets au premier tour contre Damir Dzumhur, puis est venu à bout au deuxième tour du Finlandais Otto Virtanen en quatre sets, avant de renverser le Belge Zizou Bergs, en cinq manches et 4h39, après avoir été mené 4-1 au 5e set. Le tout sur le court 18, son court préféré. Mais en 8e contre Dimitrov il a eu droit au Centre Court en s’imposant encore en 5 sets. Un Centre Court qu’il retrouvait naturellement mercredi pour défier en quarts de finale l’Italien Flavio Cobolli (finaliste à Roland-Garros), avec une victoire en trois manches, rien que ça. Du haut de son mètre 75, Arthur Féry ne possède pas la puissance des plus gros cogneurs, mais sa qualité de déplacement, sa lecture du jeu et son slice de revers font merveille sur un gazon qu’il connaît si bien.


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Un enfant de Wimbledon, né en France de parents français

Le local est né en France de parents français, mais comme le Monégasque Valentin Vacherot, ne représente pas la France. Fils de Loïc Féry, PDG de Chenavari Investment Managers et président depuis 2009 du FC Lorient, et de l’ancienne joueuse de haut niveau française Olivia Gravereaux (225e mondiale en 1991), qui a participé au tableau principal du double dames de Roland-Garros 1991, Arthur Féry a vu le jour à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, le 12 juillet 2002. Mais le « Frenchie » a grandi à Londres, à moins d’un kilomètre du stade du Grand Chelem londonien. Les affaires du paternel l’ayant amené dans la capitale de l’Angleterre très jeune, Arthur a effectué toute sa scolarité là-bas et commencé le tennis à Londres. Il représente naturellement la Grande-Bretagne sur le circuit, lui qui a fait ses études au King’s College de Wimbledon. En 2019, il avait atteint le troisième tour du tournoi juniors de Wimbledon sous la bannière britannique, bénéficiant des aides de la LTA – la fédération britannique. «À 10 ans, Arthur a gagné les nationaux anglais. C’est là qu’on lui a fait comprendre que, pour pouvoir continuer à se développer à Londres, il devait prendre la nationalité britannique et ainsi bénéficier du soutien de la “fédé” anglaise. C’est ce qui s’est passé», avait expliqué son père à L’Équipe.

Il s’était déjà illustré à Wimbledon

Le plus français des joueurs de tennis anglais, alors 461e mondial avait fait tomber la saison dernière l’Australien Alexei Popyrin, tête de série 20 en quatre manches, au premier tour. Invité déjà à quatre reprises au premier tour du Majeur londonien, il avait logiquement échoué contre Daniil Medvedev en 2023, puis Daniel Altmaier en 2024. Il franchit une nouvelle étape cette année sur sa surface préférée. Il y a deux semaines, il y avait réussi sa meilleure performance sur le grand circuit en atteignant les quarts au Queen’s mi-juin à domicile. Le jeune homme qui peut dormir… chez lui, cette semaine a grandi sur gazon, où il a débuté à l’âge de 4 ans au West Side Tennis club de Wimbledon. Il a toujours été un spectateur assidu du Grand Chelem londonien. « Après l’école primaire, je me souviens avoir assisté au match Mahut-Isner  sur le 18 (en 2010, match le plus long de l’histoire), racontait-il la saison dernière. J’avais 8 ans, sans jamais vraiment penser que je pourrais jouer ici. J’espère que, bientôt, je n’aurai plus besoin d’invitation. Chaque année, je suis très reconnaissant de jouer ici. J’ai toujours des amis et de la famille autour du terrain pour me soutenir. »

L’université américaine plutôt que le professionnalisme

Après le lycée, il a pris une décision rare chez les futurs joueurs du Top 100 : partir aux États-Unis pour intégrer Stanford University, l’une des universités les plus prestigieuses au monde. «Je suis arrivé à Stanford à 18 ans. Je n’étais pas nécessairement prêt à jouer à plein temps sur le circuit Futures ou Challenger (les circuits secondaires pros). J’ai passé trois ans là-bas. Je pense que ça m’a aidé à mûrir (…) et à me développer, humainement plus que tennistiquement». Pendant trois saisons, il a disputé le championnat NCAA. Diplômé de la faculté de sciences, technologie et société de l’université américaine, cette tête bien faite a quitté l’université en 2023 pour se consacrer à 100 % au tennis. Sur les circuits secondaires, il a battu de grands joueurs, comme David Goffin et Fabio Fognini, mais sa progression a été stoppée par des blessures : « L’année et demie qui vient de s’écouler a été difficile. J’espère que j’ai surmonté le pire et que je peux maintenant me concentrer sur mon tennis et ma carrière. »

Il a déjà battu Cobolli son adversaire du jour

Impossible n’est pas Féry ? Sur les cinq Grands Chelems qu’il a disputés dans sa carrière, il en a joué quatre à Wimbledon et un à l’Open d’Australie – où, issu des qualifications, il avait justement battu en janvier son adversaire du jour à Londres, Flavio Cobolli (10e). Il faut dire que l’Italien n’avait pas pu réellement défendre ses chances au premier tour de l’Open d’Australie. Cobolli avait expliqué après la rencontre avoir été victime d’un violent malaise peu avant son entrée sur le court, bouleversant totalement sa préparation. « Mais dès que je suis entré sur le court, j’ai ressenti une douleur intense et j’ai eu besoin d’aller aux toilettes, sauf que le règlement ne me le permettait pas». S’il évolue cette fois à 100%, le Florentin, finaliste du dernier Roland-Garros se présente comme un sacré défi pour la surprise du tournoi.